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25/05/2012 à 16:32
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Tiébilé Dramé, président du Parti de la renaissance africaine (Parena). Tiébilé Dramé, président du Parti de la renaissance africaine (Parena). © DR

Tiébilé Dramé est président du Parti de la renaissance africaine (Parena).

Ce  pays qu’on appelle le Mali depuis 1960 a la réputation d’être une terre de vieilles civilisations où l’existence de l’État remonte à plusieurs siècles. Sur cette  terre  se sont formés, au fil du temps, empires et royaumes dont les plus célèbres ont été connus sous le nom de Ghana (le Wagadu), Mali et Songhoï.

Chacun de ces états avait une capitale, une armée, une administration et entretenait des relations commerciales et diplomatiques avec d’autres nations contemporaines. Des codes d’honneur régulaient les relations au sein de la société. En ces temps, comme aujourd’hui, tout était loin d’être parfait. Loin de moi donc, toute tentative d’idéaliser un passé qui a connu ses guerres fratricides, ses trahisons et ses zones d’ombre. Ces pays ont connu, en ces temps-là, des révolutions de palais, des coups d’État.

Le Mali contemporain est l’héritier de cette longue histoire qui, avec ses hauts et ses bas, fait la fierté de son peuple. Un peuple qui a développé un sens aigu de l’honneur et de la dignité.

Sur cette terre, s’est produit le 21 mai dernier, un événement sans précédent : des manifestants déchaînés, partis de la capitale avec cercueil et linceul ont pu pénétrer dans l’enceinte du palais présidentiel de Koulouba (sur les hauteurs de Bamako) avec une facilité inouïe. Sur place, munis de marteaux et de gourdins, les assaillants ont violemment frappé le président de la République dans ses bureaux, l’ont molesté et laissé pour mort.

Selon le journal gouvernemental, « l’Essor », dont un courageux reporter se trouvait sur les lieux, le Chef de l’État n’a eu la vive sauve que grâce au courage et à l’intelligence d’un de ses gardes de corps. Il aurait ôté son casque pour protéger la tête du Président.

Les agresseurs, leur forfait accompli, ont quitté tranquillement les bureaux présidentiels pour déambuler, en toute impunité, dans la cour du Palais avant de regagner Bamako, satisfaits de la mission accomplie.
L’agression contre le Président de la République est l’aboutissement de la campagne de haine et d’apologie du crime entretenue depuis des mois par ceux qui ont entrepris de mettre le feu au pays.

En s’attaquant au Chef de l’État, en cherchant à l’humilier, les agresseurs et leurs complices veulent saper (...) les fondements de l’État au Mali.

Une fois connue, la nouvelle du lynchage du  Professeur Dioncounda Traoré a suscité une immense émotion et une profonde indignation à travers tout le pays. Chacun a perçu la signification profonde de l’acte : l’objectif des agresseurs et de leurs commanditaires était d’humilier un homme et déconsidérer la fonction qu’il occupe.

Le président de la République incarne l’État et la Nation. Il est le garant de l’unité et de la cohésion du pays.
En s’attaquant au Chef de l’État, en cherchant à l’humilier, les agresseurs et leurs complices veulent saper, ne nous y trompons pas, les fondements de l’État au Mali.

Ils veulent déconsidérer l’État et la puissance publique. Leur projet, c’est ridiculiser le pouvoir, le désacraliser. Si le Pr Traoré est leur victime, c’est bien l’État  leur cible.

L’agression du 21 mai est une attaque contre le Mali. Elle participe du projet d’affaiblissement de ce pays.
Les agresseurs du Président sont dans la logique du chaos sans lequel ils ne pourront  assouvir leurs funestes desseins.

L’agression perpétrée  au Palais de Koulouba mérite une réponse appropriée, courageuse et ferme  sans laquelle l’État perdra inexorablement toute considération aux yeux du peuple.

Le vieux Senghor évoquait ainsi  sa conception du pouvoir : « Ma récade bicéphale : gueule du lion, sourire du sage ».

Quand l’État perd l’estime du peuple, quand il cesse d’inspirer le respect et la crainte, c’est le début de la décadence de la nation.

Les Maliens qui veulent sauver leur pays, nos frères de la sous-région ainsi que nos amis à travers le monde  qui sont accourus au chevet du pays devraient prendre toute la mesure de la gravité de l’attaque du 21 mai contre le président.

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À Bamako, le 24 mai 2012

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