Extension Factory Builder
24/05/2012 à 10:04
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des manifestants hostiles à Dioncounda Traoré dans le palais présidentiel à Bamako le 21 mai. Des manifestants hostiles à Dioncounda Traoré dans le palais présidentiel à Bamako le 21 mai. © Baba Ahmed

Le président de la transition malienne, Dioncounda Traoré, est parti mercredi 23 mai en direction de Paris, deux jours après son agression par des pro-putschistes dans le palais présidentiel.

C’est à Paris que le président de la transition malienne, Dioncounda Traoré, s’est rendu suite à son agression lundi 20 mai. Le chef d’État a quitté Bamako mercredi 23 décembre afin de rejoindre la capitale française, officiellement pour « honorer un rendez-vous médical fixé de longue date », selon les propos d’Hamadoun Touré, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement. « Il reviendra au pays dès que son médecin avisera à ce sujet », a-t-il ajouté le ministre sur la télévision publique ORTM.

Ce départ intervient quelques heures à peine après que les partisans du capitaine Amadou Haya Sanogo, le chef des putschistes qui ont mené le coup d’État contre Amadou Toumani Touré (ATT), aient désigné de manière unilatérale le militaire comme « président de la transition ». Cette proclamation a été faite deux jours après que l’actuel président de la transition ait été agressé dans son bureau de Koulouba, siège du complexe présidentiel situé près de la capitale. Il avait été frappé par des manifestants favorables aux putschistes, et brièvement hospitalisé.

« Par un malheureux hasard des évènements », son déplacement a lieu « deux jours après l'attaque perpétrée contre lui », a déploré Hamadoun Touré. Mais pour Boubacar Diarra, un conseiller de Dioncounda Traoré, son départ n'entraîne pas « de vacance du pouvoir ». Avant l'agression, « il était prévu qu'il y aille pour un contrôle », a-t-il précisé.

Depuis mardi, Dioncouda Traoré, jusqu’alors président par intérim, avait été désigné président de la transition, à l’issue d’un accord passé avec le capitaine Sanogo et la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao).

Le "Monument des martyrs" détruit

Mais une « convention » des membres de la Coordination des organisations patriotiques du Mali, (Copam, pro-putsch) a, dans la nuit de mardi à mercredi, décidé « d'instituer président de la transition le capitaine Amadou Sanogo », en l'absence de l'officier. La Copam entend installer son nouveau président dès ce jeudi, a annoncé un de ses responsables, Mohamed Tabouré, lors d'un meeting mercredi après-midi à Bamako. « Nous allons l'investir. Dès demain (jeudi), nous allons monter à Kati », quartier général des putschistes près de Bamako, « pour dire au capitaine de se préparer à s'installer à Koulouba », a expliqué le même responsable, sans plus de précisions.

Quant au capitaine Sanogo, il n'a pas publiquement réagi à la décision des pro-putsch de le nommer chef de la transition.

« Il ne répondra pas. (...) Il y a un président de la transition, il est connu, c'est Dioncounda Traoré », a déclaré mercredi Abdoulaye Kanté, un des dirigeants de l'Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma) de Dioncounda Traoré, principale formation politique du front anti-putsch.

Profitant de la confusion qui règne à Bamako, les groupes armés, dominés par les islamistes d’Ansar Eddine et Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), continuent d’imposer leur présence dans le Nord du pays, qu’ils occupent depuis près de deux mois. Ils ont notamment détruit mercredi à Tombouctou, le « Monument des Martyrs » de la ville, rendant hommage aux victimes de la lutte contre la dictature du général Moussa Traoré en 1991. Ils avaient également détruit le monument El Farouk, un cheval symbole de Tombouctou, et profané un mausolée.

(Avec AFP)
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Tomi, IBK, Bongo : des écoutes embarrassantes

Tomi, IBK, Bongo : des écoutes embarrassantes

Des chefs d’Etat étrangers, qui plus est des amis de la France, écoutés dans le cadre d’investigations judiciaires ? Voilà qui, d’un point de vue diplomatique, et même si [...]

Crise malienne : pourquoi Ménaka cristallise les tensions

Alors que la rébellion du Nord-Mali réclame toujours des amendements à l'accord d'Alger pour le signer, la situation sécuritaire se détériore depuis la reprise de la ville de[...]

Mali : l'armée accusée d'avoir exécuté neuf personnes à Tin Hama

Des combats entre les rebelles de la CMA et l'armée malienne ont eu lieu jeudi matin à Tin Hama, près d'Ansongo, dans le nord-est du Mali. Dans un communiqué, les rebelles accusent les soldats maliens[...]

Les femmes africaines peinent à percer le plafond de verre

Éducation, travail, indépendance... Malgré de timides avancées, le statut des femmes n'a que peu progressé en Afrique, selon les participantes du 5e forum social d’Essaouira, au Maroc, du[...]

Deux importants chefs jihadistes tués dans le nord du Mali par l'armée française

Le ministère français de la Défense a affirmé mercredi dans un communiqué avoir neutralisé deux importantes figures du jihadisme dans le nord du Mali : Abdelkrim al-Targui et Ibrahim Ag[...]

Mali : le chef jihadiste Abdelkrim al-Targui tué par l'armée française

Abdelkrim al-Targui, l'un des principaux chefs d'Aqmi, a été tué dans la nuit de dimanche à lundi par l'armée française dans le nord-est du Mali. Plusieurs autres jihadistes ont[...]

Mali : un blessé dans une attaque contre la Minusma à Bamako

Un gardien d'une résidence de la Minusma à Bamako a été blessé par balle, mercredi, par un homme armé qui a réussi à prendre la fuite, abandonnant sur place deux grenades[...]

Le Mali parviendra-t-il à sceller son accord de paix ?

Officiellement signé le 15 mai à Bamako par le gouvernement, l'accord de paix n'est pas encore définitivement scellé au Mali. Les rebelles de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) souhaitent[...]

Mali : trois militaires maliens tués près de Tombouctou

Trois soldats maliens ont été tués lundi matin près de Tombouctou, lors d'une attaque menée par les rebelles de la Coordination des mouvements de l'Azawad. [...]

L'ONU accuse le Mali de manquer de reconnaissance pour ses "sacrifices"

Le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Hervé Ladsous, s'est insurgé samedi à Bamako contre un manque de reconnaissance des autorités maliennes envers la force internationale dans[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers