Des manifestants hostiles à Dioncounda Traoré dans le palais présidentiel à Bamako le 21 mai.
© Baba Ahmed
Le président de la transition malienne, Dioncounda Traoré, est parti mercredi 23 mai en direction de Paris, deux jours après son agression par des pro-putschistes dans le palais présidentiel.
C’est à Paris que le président de la transition malienne, Dioncounda Traoré, s’est rendu suite à son agression lundi 20 mai. Le chef d’État a quitté Bamako mercredi 23 décembre afin de rejoindre la capitale française, officiellement pour « honorer un rendez-vous médical fixé de longue date », selon les propos d’Hamadoun Touré, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement. « Il reviendra au pays dès que son médecin avisera à ce sujet », a-t-il ajouté le ministre sur la télévision publique ORTM.
Ce départ intervient quelques heures à peine après que les partisans du capitaine Amadou Haya Sanogo, le chef des putschistes qui ont mené le coup d’État contre Amadou Toumani Touré (ATT), aient désigné de manière unilatérale le militaire comme « président de la transition ». Cette proclamation a été faite deux jours après que l’actuel président de la transition ait été agressé dans son bureau de Koulouba, siège du complexe présidentiel situé près de la capitale. Il avait été frappé par des manifestants favorables aux putschistes, et brièvement hospitalisé.
« Par un malheureux hasard des évènements », son déplacement a lieu « deux jours après l'attaque perpétrée contre lui », a déploré Hamadoun Touré. Mais pour Boubacar Diarra, un conseiller de Dioncounda Traoré, son départ n'entraîne pas « de vacance du pouvoir ». Avant l'agression, « il était prévu qu'il y aille pour un contrôle », a-t-il précisé.
Depuis mardi, Dioncouda Traoré, jusqu’alors président par intérim, avait été désigné président de la transition, à l’issue d’un accord passé avec le capitaine Sanogo et la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao).
Le "Monument des martyrs" détruit
Mais une « convention » des membres de la Coordination des organisations patriotiques du Mali, (Copam, pro-putsch) a, dans la nuit de mardi à mercredi, décidé « d'instituer président de la transition le capitaine Amadou Sanogo », en l'absence de l'officier. La Copam entend installer son nouveau président dès ce jeudi, a annoncé un de ses responsables, Mohamed Tabouré, lors d'un meeting mercredi après-midi à Bamako. « Nous allons l'investir. Dès demain (jeudi), nous allons monter à Kati », quartier général des putschistes près de Bamako, « pour dire au capitaine de se préparer à s'installer à Koulouba », a expliqué le même responsable, sans plus de précisions.
Quant au capitaine Sanogo, il n'a pas publiquement réagi à la décision des pro-putsch de le nommer chef de la transition.
« Il ne répondra pas. (...) Il y a un président de la transition, il est connu, c'est Dioncounda Traoré », a déclaré mercredi Abdoulaye Kanté, un des dirigeants de l'Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma) de Dioncounda Traoré, principale formation politique du front anti-putsch.
Profitant de la confusion qui règne à Bamako, les groupes armés, dominés par les islamistes d’Ansar Eddine et Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), continuent d’imposer leur présence dans le Nord du pays, qu’ils occupent depuis près de deux mois. Ils ont notamment détruit mercredi à Tombouctou, le « Monument des Martyrs » de la ville, rendant hommage aux victimes de la lutte contre la dictature du général Moussa Traoré en 1991. Ils avaient également détruit le monument El Farouk, un cheval symbole de Tombouctou, et profané un mausolée.
(Avec AFP)

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