Ancien gardien de but de l’Espérance Tunis et de Zarzis, Makram Dabboub (39 ans) travaille en Palestine depuis un an et demi. Il appartient aujourd’hui au staff technique de l’équipe nationale d’un pays où il s’est vite intégré.
Il s’est embarqué dans l’aventure palestinienne, sans trop se poser de questions. « Parce qu’entre les Tunisiens et les Palestiniens, il y a une relation particulière, explique Makram Dabboub. Ma femme était un peu inquiète en raison de la situation dans cette partie du monde, mais j’ai décidé d’aller au bout. » C’était il y a un an et demi, alors que Dabboub, ancien international olympique et longtemps gardien de l’Espérance Tunis et de Zarzis, avait tourné le dos à une longue carrière professionnelle. « À Zarzis, à la fin, j’étais joueur et entraîneur des gardiens. Quand j’ai arrêté de jouer, j’ai intégré le staff. »
Cette deuxième vie, Dabboub l’a amorcée dans son pays pour mieux la poursuivre en Palestine, quand son compatriote Mokthar Tlili, alors sélectionneur de l’équipe olympique, lui a proposé de le rejoindre. « C’est une vraie aventure sportive, car ici, il y a presque tout à construire. Le football y est professionnel depuis 2010, les progrès sont évidents, mais le contexte rend parfois les choses compliquées. Il nous arrive de faire une liste de cinquante joueurs avant un match international, car on sait que beaucoup ne pourront pas venir, à cause des problèmes de déplacements entre les villes en Cisjordanie. »
Faire progresser le foot en Palestine
Avec le temps, Dabboub prend le parti d’en rire, en évoquant ces deux semaines passées à attendre dans un hôtel à la frontière jordanienne au retour d’un match en Thaïlande, qualificatif pour les Jeux Olympiques de Londres. « Les autorités israéliennes ont tout simplement refusé que Tlili et moi rentrions en Palestine. Les joueurs ont pu le faire, mais ils ont dû préparer le match retour avec un autre entraîneur. Avec Tlili, nous ne sommes arrivés que la veille de la rencontre. »
Obligé de quitter la Palestine tous les trois mois pour faire renouveler son visa, Dabboub observe autant qu’il le peut le championnat national, où le professionnalisme n’a pas encore investi toutes les mentalités. « Les joueurs ont encore parfois du mal à faire tous les efforts. Ils ne travaillent pas assez physiquement et tactiquement. Leurs clubs, ne les préparent pas suffisamment pour jouer en sélection. Mais il faut leur laisser un peu de temps. »
Depuis novembre dernier et la nomination du Jordanien Jamal Mahmoud comme sélectionneur des Chevaliers, Dabboub a intégré le staff technique de l’équipe nationale. Encore sous contrat pendant un an, il est plutôt satisfait de son sort, et espère, avant tout, « encore contribuer aux progrès du foot en Palestine… »
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Alexis Billebault, à Ramallah et Al-Ram

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