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07/05/2012 à 10:02
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La foule des partisans de François Hollande rassemblée le 6 mai 2012 place de la Bastille à Paris La foule des partisans de François Hollande rassemblée le 6 mai 2012 place de la Bastille à Paris © AFP

Dimanche 6 mai, les Français ont porté le socialiste François Hollande à la présidence de la République. Celui-ci a remporté le second tour de l'élection avec 51,62% des voix face à son adversaire, le président sortant Nicolas Sarkozy, qui a recueilli 48,38% des suffrages. Les défis qui attendent le nouvel hôte de l'Élysée sont nombreux, mais dimanche, l'ambiance était à la fête chez ses partisans.

Ils sont des milliers à s'être rassemblés dimanche soir sur la place de la Bastille, au cœur de la capitale française, pour célébrer la victoire de leur candidat, le socialiste François Hollande. Et les nombreux défis que le nouveau président doit affronter n'ont pas gâché l'immense enthousiasme des ses partisans ni l'ambiance de fête qui s'est répandue dès l'annonce des résultats, à 20 heures.

Le socialiste a recueilli quelques 51,62% des voix face au président sortant Nicolas Sarkozy (48,38%) qui, avant même l'annonce des résultats définitifs, a immédiatement reconnu sa défaite et souhaité « bonne chance » à son successeur.

Quant au nouveau président, il a placé sa victoire sous le signe du « rassemblement » de tous ses « concitoyens », promettant d'oeuvrer à plus de « justice » et plus « d'égalité ». Après un discours grave et peu triomphaliste prononcé dans sa ville de Tulle, François Hollande a pris la direction de Paris, où l'attendait une foule nombreuse sur la place de la Bastille.

Dans la fête, la jeunesse était à l'honneur, tout comme l'Afrique. Outre les drapeaux tricolores ou ceux du Parti socialiste, flottaient par dizaines des étendards en provenance de plusieurs pays du continent (voir encadré). Le vert-blanc-orange ivoirien s'affichait aux côtés du croissant algérien, tandis qu'en levant les yeux vers le sommet de la colonne centrale de la place, où avait grimpé une bonne centaine de personnes, on pouvait apercevoir, mêlé aux drapeaux français, le rouge tunisien.  

Polémiques xénophobes à droite

Lundi, sur France info, l'actuel vice-président du FN et ancien directeur de campagne de Marine Le Pen, Louis Aliot, s'est dit « surpris » par la présence « d'autant de drapeaux étrangers pour saluer la victoire de M. Hollande ». « J'ai beaucoup vu de drapeaux algériens, ce qui prouve bien que la communautarisation de la société française n'est pas une utopie, ni une vue de l'esprit mais qu'elle est une réalité », a-t-il accusé.
Une polémique sur laquelle n'a pas tardé à rebondir Nadine Morano, ministre de l'Apprentissage. Sur la radio française Europe 1, elle a déclaré avoir éprouvé « un drôle de sentiment » après avoir vu « très peu de drapeaux bleu-blanc-rouge », « beaucoup de drapeaux rouges et également beaucoup de drapeaux étrangers » place de la Bastille. « Ça ne me rassure pas beaucoup, a-t-elle insisté. Je me dis : voilà quelle est la France qu'on va nous construire avec le droit de vote des étrangers (...) Cette démonstration n'était pas engageante ni réjouissante pour la France que nous avons à construire », a encore fustigé la ministre.
 

En guise de musique de fond, sous les hurlements de joie des soutiens de Hollande, les artistes se sont succédés sur la grande scène installée sur la place pour l'occasion, proposant aux partisans du « changement » (le slogan de Hollande) des messages de circonstance. « Libertà » pour le groupe Pep's, par exemple, ou « Aux armes citoyens » pour le chanteur Yanick Noah, refrains allègrement repris par une foule en liesse.

Aux alentours de minuit, le nouveau président a remercié « le peuple de France, ici rassemblé », promettant de « réparer, redresser » pendant cinq ans, après « des années de blessure, de rupture ».

Cap sur les législatives

Les dirigeants occidentaux ont également tourné dès dimanche soir la page du sarkozysme. Sans tarder, la chancelière allemande Angela Merkel et son ministre des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, ont invité François Hollande en Allemagne pour travailler à un pacte de croissance. Le nouvel élu le sait, l'un des principaux défis de sa présidence se jouera au niveau européen, face à un continent en crise qui prône, à l'inverse du candidat, une politique de rigueur.

La passation de pouvoir entre l'ancien chef d'État et le nouveau doit avoir lieu le 15 mai. Dans les prochains jours, François Hollande devra nommer son Premier ministre qui conduira la bataille des législatives, prévues les 10 et 17 juin. Un autre défi important pour le nouveau président, qui a appelé à « ne pas se démobiliser. (...) Il faut donner une majorité au président de la République », a-t-il martelé.

Alors qu'il n'était que candidat, François Hollande avait annoncé que son choix de Premier ministre dépendrait de l'ampleur de sa victoire. Son score plutôt faible ne plaide pas pour la nomination d'une personnalité au discours trop à gauche, susceptible de diviser les Français alors que son leitmotiv est le rassemblement. Le nom du député-maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault, fidèle du chef de l'État et germanophile, revenait souvent ces derniers jours.

Le calendrier international s'accélèrera ensuite pour le président français, qui a déjà deux rendez-vous cruciaux à son agenda : le sommet du G8, les 18 et 19 mai à Camp David (aux États-Unis) et le sommet de l'Otan de Chicago les 20-21 mai.
 

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