Quatre-vingt ans de prison ont été requis contre l’ancien président libérien Charles Taylor, jugé coupable par le Tribunal spécial pour la Sierra-Leone. Sans attendre que sa peine soit prononcée, d’autres responsables africains qui se savent sur la sellette peuvent craindre le pire.
Procès historique, jugement historique. Aucun chef d'État africain n'avait jamais été condamné par la justice internationale. En 1946, il y avait bien eu l'Allemand Karl Dönitz : éphémère président du Reich après le suicide d'Adolph Hitler, il avait dirigé le pays vingt jours durant, avant d'être reconnu coupable de crimes de guerre à l'issue du procès de Nuremberg. Depuis, plus rien. La reconnaissance de la culpabilité d'ex-président libérien, Charles Taylor, prononcée le 26 avril dernier par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL), revêt donc une importance toute particulière – et le précédent pourrait faire trembler dans certaines capitales du continent.
Car l'Union africaine (UA) a beau avoir dit clairement son opposition à ce que beaucoup appellent « une justice de Blancs » (« Nous sommes pour la lutte contre l'impunité, a déclaré Jean Ping, le président de la Commission de l'UA en juin 2011. Mais pourquoi [le procureur de la Cour pénale internationale] ne juge-t-il que les Africains ? Est-ce que cela veut dire qu'il ne se passe rien ailleurs ? »), l'étau se resserre. Le Congolais Thomas Lubanga a été condamné, l'Ivoirien Laurent Gbagbo attend l'ouverture de son procès à La Haye... Qui sera le prochain ? Le Tchadien Hissène Habré ? Le Congolas Bosco Ntaganda ? Le Soudanais Omar el-Béchir ? Chef d'État, ancien ministres ou ex-rebelles, Jeune Afrique les a passés en revue. Et certains ont du souci à se faire...
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Lire « Justice internationale : à qui le tour ? » dans le numéro 2678 de Jeune Afrique en kiosques du 6 au 12 mai 2012.

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