Affrontements entre des manifestants hostiles au pouvoir et des assaillants, le 2 mai au Caire.
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Quelque 20 personnes ont trouvé la mort lors d’affrontements entre des manifestants hostiles au pouvoir et des assaillants non identifiés le mercredi 2 avril au Caire. Plusieurs personnalités politiques égyptiennes ont décidé d’interrompre leur campagne pour la présidentielle.
Vingt morts. C’est le bilan des affrontements entre manifestants hostiles au pouvoir et assaillants, dont l’identité n’est pas encore connue, mercredi 2 avril au Caire, fourni par les médecins du plus proche hôpital. En pleine campagne présidentielle, le quartier d'Abbassiya, dans la capitale égyptienne, a été le théâtre de scènes de violence.
Pendant plusieurs heures, les deux camps se sont jetés des pierres et des cocktails molotov, tandis que d’autres personnes ont été victimes de lynchages en pleine rue, à coups de barres de fer. Le ministère de la Santé faisait, de son côté, état d'un bilan provisoire de neuf morts.
Depuis plusieurs jours, des manifestants mènent un sit-in dans le secteur afin de réclamer le départ de l’armée au pouvoir. Parmi eux, figurent notamment des partisans du leader salafiste Hazem Abou Ismaïl, qui campaient depuis samedi 28 avril après l'exclusion de leur candidat de la course à la présidentielle, dont le premier tour est prévu les 23 et 24 mai. Selon des sources sécuritaires et des témoins, les manifestants auraient été attaqués le mercredi 2 mai à l’aube.
Le calme est revenu dans l’après-midi, après que les forces de l’ordre aient installé un cordon de sécurité afin de séparer les deux camps. Tous les manifestants n’ont pourtant pas quitté les lieux et les rues menant au quartier étaient fermées à la circulation.
"Solidarité" avec les manifestants
Côté politique, les réponses n’ont pas tardé. Plusieurs partis et mouvements ont appelé à manifester dans ce secteur du Caire en fin d'après-midi pour protester contre ces violences. Deux des principaux candidats à la présidentielle, Mohamed Morsi pour les Frères musulmans et l'islamiste modéré Abdel Moneim Aboul Foutouh ont, eux, suspendu leur campagne suite à ces affrontements. Le premier, tenant « le Conseil suprême des forces armées (au pouvoir) pour responsable », a décidé de mettre en pause ses activités politiques pour une durée de 48 heures, « en signe de solidarité avec les manifestants ». Le Parti de la justice et de la liberté (PLJ), issu des Frères musulmans, a annoncé qu'il boycottait une réunion prévue mercredi entre le maréchal Hussein Tantaoui, qui dirige aujourd’hui le pays, et les partis politiques, en raison « des évènements sanglants » d'Abbassiya. Le parti a également dénoncé des « tentatives d'entraver la remise du pouvoir conformément au calendrier fixé ».
Deux candidats de gauche, Khaled Ali et Hamdeen Sabbahi, ont eux aussi annoncé la suspension de leurs activités. Quant à Mohamed el-Baradei, il a dénoncé un « massacre », via son compte Twitter. « Le Conseil suprême des forces armées et le gouvernement sont incapables de protéger les civils ou sont de mèche avec les voyous. L'Égypte va à vau-l'eau », à-t-il ajouté.
Dimanche, des affrontements avaient déjà éclaté dans le quartier d'Abbassiya, où s’étaient réunis les partisans d’Hazem Abou Ismaïl, provoquant la mort d’une personne et 119 blessés. Le candidat a été évincé de la course à la magistrature suprême, à l’instar de 10 autres candidats sur les 23 en lice, en raison d’irrégularités. Le fait que sa mère ait obtenu la nationalité américaine contrevient à la loi électorale selon les autorités, ce que ces partisans considèrent comme un « complot ».
(Avec AFP)

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