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01/05/2012 à 08:40
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Un soldat de la junte malienne devant le camp militaire de Kati, en avril 2012. Un soldat de la junte malienne devant le camp militaire de Kati, en avril 2012. © Issouf Sanogo/AFP

Après une rumeur faisant état de la prochaine arrestation d'un de leurs chefs, des Bérets rouges de la garde présidentielle ont pris les armes lundi soir pour attaquer la ville-garnison de Kati, l’aéroport international de Bamako et le siège de la télévision nationale, tous trois occupés par les soldats de l'ex-junte. Bilan des combats, souvent à l'arme lourde : au moins 3 morts et 5 prisonniers, ainsi que plusieurs blessés. Après une brève accalmie, les affrontements ont repris mardi matin, quand les militaires putschistes ont lancé la contre-offensive en direction du camp de Djicoroni-Para, en plein centre de la capitale malienne.

Mis à jour à 14h15.

Les faits. À 18 heures 30 locales, lundi, des Bérets rouges de la garde présidentielle ont attaqué le siège de la télévision nationale, tuant trois militaires proches de l'ex-junte qui gardaient le bâtiment depuis le coup d'État du 22 mars. Pendant ce temps, un autre groupe à bord d’au moins 19 véhicules attaque le camp militaire Soundiata Keïta de Kati, le QG de l’ex-junte malienne, situé à une quinzaine de km de Bamako.

Enfin, un troisième groupe met le cap sur l’aéroport international de Bamako-Senou. Les tirs à l'arme automatique commencent en début de soirée et font place, vers 23 heures, à ceux à l'arme lourde. Panique généralisée. Dans le camp du Génie militaire, au centre ville, les Bérets verts ont ouvert les magasins d’armes et se sont mis en position de défense, tandis qu'au camp de garde et au siège de la police nationale (tous deux proches du palais présidentiel de Koulouba), des rafales en l’air se font entendre.

À l'aéroport, vers 23 heures, les tirs à l'arme automatique font place à ceux à l'arme lourde.

La théorie du complot de l'étranger

À 23 heures 30, le capitaine Amadou Haya Sanogo, ancien leader des putschistes, donne sa version des faits sur radio Kaira, proche de la junte, en langue bambara pour calmer la population de Bamako. « L’histoire a commencé au camp de Djicoroni-para, où une rumeur a circulé disant que les militaires de Kati [proches de la junte, NDLR] se préparaient à faire une descente (...) pour venir arrêter le colonel Abidine Guindo, chef du camp de parachutistes et fidèle du président ATT [il était le chef d'état-major particulier du président Amadou Toumani Touré, renversé le 22 mars, NDLR].

Capture d'écran de la télévision nationale ORTM montrant des soldats faits prisonniers par l'ex-junte et présentés comme étrangers.

© D.R.

« Je ne sais pas qui est derrière eux, mais nous avons capturé des étrangers parmi eux, nous en avons tué d’autres et nous sommes en train de renforcer nos forces à l’aéroport », poursuit Sanogo. À 3 heures 30 du matin, alors que des échanges de tirs à l'arme lourde se font entendre en provenance de la ville-garnison de Kati, un jeune lieutenant proche de l’ancienne junte fait une déclaration au nom du CNRDRE (l’ancienne junte) sur les ondes de la télévision nationale.

"Forces internes et obscures"

 « Des individus mal intentionnés se sont permis d’attaquer la caserne de Kati, l’ORTM et l'aéroport international de Bamako afin de déstabiliser le processus de retour à l'ordre constitutionnel normal. Lesdits endroits sont en ce moment sécurisés et aux mains des forces armées et de sécurité », affirme l'officier Ouedrago. La théorie de l'ex-junte est claire : les soldats qui ont attaqué ne sont pas maliens. « Les éléments pris proviennent de divers horizons et sont soutenus par d’autres forces internes et obscures, certains de ces hommes sont en ce moment détenus par des forces armées pour des investigations approfondies ».

Une source au sein de la gendarmerie, proche de l'entourage de Sanogo, affirme cependant qu’il n’y a pas de mercenaires étrangers. « S’il y en a, ce sont les fils des militaires paras », dit-il. Selon lui, le régiment de parachutistes a pris l’initiative d’attaquer Kati et a subi un gros échec. Enfin, le président Dioncounda Traoré est dans un lieu sûr, selon l'un des ses proches qui ne précise pas s’il se trouve chez lui ou pas. Le Premier ministre Diarra est quant à lui à son domicile de Titibougou et il va bien, explique une source de son entourage.

Mardi matin, le calme qui était revenu dans la capitale n'a pas duré bien longtmps. Dès 10 heures locales, les Bérets verts ont lancé une contre-attaque en direction du cap de Djicoroni-Para, le QG de la garde présidentielle des Bérets rouges.

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Par Baba Ahmed, à Bamako

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