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28/04/2012 à 15:14
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Amadou Haya Sanogo et Dioncounda Traoré, le 9 avril 2012 à Kati, près de Bamako. Amadou Haya Sanogo et Dioncounda Traoré, le 9 avril 2012 à Kati, près de Bamako. © AFP

Les 26 et 27 avril, la Cedeao a tenu un sommet à Abidjan pour apporter des solutions aux crises malienne et bissau-guinéenne. À l'issue du sommet, l'organisation ouest-africaine a annoncé qu'elle avait fixé à 12 mois la période de transition au Mali. Elle a également annoncé que le président par intérim, Dioncounda Traoré, serait le président de transition. Une nouvelle qui a eu l'effet d'une bombe au sein de la junte malienne.

S’il a atterri à Bamako, vendredi 27 avril au soir, avec son flegme habituel, le président malien par intérim Dioncounda Traoré, revenant d’Abidjan, ne devait pas bouder sa victoire. Le sommet extraordinaire de la Cedeao sur les crises malienne et bissau guinéenne (26-27 avril) venait, en effet de fixer à 12 mois la durée de la transition. Mieux, le communiqué final du sommet clarifie un point qui défraie la chronique à Bamako : le président intérimaire - soit celui de Dioncounda Traoré - sera aussi le président de la transition. La nouvelle tombée jeudi soir a fait l’effet d’une douche froide à Kati, la ville-garnison devenue le siège du pouvoir d’État depuis le putsch qui renversa ATT le 22 mars dernier. « La Cedeao nous a trahis » s’indigne un membre de l’association pro-junte « trop c’est trop ».

Et le chef de la junte, le capitaine Amadou Haya Sanogo, qui a donné plusieurs coups de fil à des proches pour « comprendre », n'envisageait certainement pas un tel dénouement : dix présidents de la sous-région ont paraphé un communiqué exigeant le retour effectif des putschistes dans les casernes, allant même jusqu’à menacer de sanctions ciblées ceux qui n’obtempéreraient pas. 

Enfin, dernière gifle, la Cedeao a annoncé sa décision de dépêcher à Bamako six cent militaires pour sécuriser la transition malienne, alors que Sanogo réclamait seulement une aide logistique et matérielle. Joint vendredi à 22 heures, il ne décolérait pas. « La décision de la Cedeao est une trahison et je l’ai dit au médiateur burkinabè ». Djibril Bassolé, le chef de la diplomatie burkinabé semble avoir bien compris. A huit heure samedi 28 avril, il était dans l’avion pour Bamako où il se rend pour la quatrième fois en un mois.

Le jeune capitaine va-t-il se radicaliser ? Ou va-t-il  s’incliner, lui qui avait pu obtenir l’entrée au gouvernement de trois militaires à des postes-clés ? En tout cas, les Maliens retiennent leur souffle.

Un salut du Nord ?

La Cedeao n’a pas seulement coupé l’herbe sous les pieds du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État (CNRDRE). Bamako s’attendait, en effet, à débattre de la durée et des modalités de la transition au cours de la Convention nationale proposée par l’accord-cadre de la Cedeao du 6 avril. Annonciatrice de débats houleux, l’analyse dudit accord par le parti d’Ibrahim Boubacar Kéïta (IBK), le Rassemblement pour le Mali (RPM), mentionnait clairement que le président intérimaire, Dioncounda Traoré, ne pouvait être investi que pour quarante jours au plus. Avis partagé par plusieurs autres formations et associations citoyennes dont celle d’Oumar Mariko, farouchement opposé par ailleurs à la junte.

Une situation potentiellement explosive donc. Sauf si le Capitaine Sanogo et ses camarades décident de faire garder au Mali son record mondial de retour à la légalité constitutionnelle, deux semaines seulement, après un putsch réussi. Et à moins que les terribles développements au Nord n’imposent l’union sacrée. Alors que la rencontre tant attendue de Gao entre le MNLA et Ansar Eddine a abouti à l'instauration de la charia, à Tombouctou, les populations se préparent au pire : dans la soirée du vendredi 27 avril, les forces du FNLPA et celles du MNLA les ont sommées de quitter la ville. Toutes deux armées jusqu’aux dents, elles s'apprêtaient à en découdre.
 

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