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28/04/2012 à 11:09
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Le président intérimaire renversé, Raimundo Pereira, le 27 avril 2012 à Abidjan. Le président intérimaire renversé, Raimundo Pereira, le 27 avril 2012 à Abidjan. © AFP

A 48 heures de l'expiration d'un ultimatum des chefs d'Etat ouest-africains, la junte qui a pris le pouvoir en Guinée-Bissau a accepté vendredi leurs exigences sur la durée de la transition et l'envoi d'une force militaire, et libéré les dirigeants incarcérés.

Le président intérimaire renversé Raimundo Pereira et l'ex-Premier ministre Carlos Gomes Junior, arrêtés au moment du putsch du 12 avril et détenus depuis, sont arrivés dans la soirée à Abidjan, a constaté un correspondant de l'AFP.

S'exprimant en français devant la presse, M. Pereira a "remercié" le chef de l'Etat ivoirien Alassane Ouattara, président en exercice de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao). La Côte d'Ivoire "est aussi notre pays", a-t-il dit, sans plus de commentaire.

La libération des deux dirigeants déchus est "un bon signal", a estimé le ministre ivoirien de l'Intégration africaine, Adama Bictogo. "On peut croire que la junte est en train de s'installer dans de bonnes dispositions de négociation sur le retour à l'ordre constitutionnel".

Aucune indication n'a été fournie sur la durée du séjour de MM. Pereira et Gomes à Abidjan.

Une délégation de chefs d'état-major de la Cédéao s'était longuement entretenue vendredi à huis clos à l'aéroport de Bissau avec leur homologue local Antonio Indjai, resté invisible depuis le putsch mais ouvertement soupçonné par l'ancien pouvoir d'en avoir été le cerveau.

"La place des militaires est dans les casernes"

A l'issue de la rencontre, le porte-parole de la junte, le lieutenant Naba Na Walna, a annoncé un accord sur une transition de douze mois, au lieu des deux ans initialement prévus par la junte, ainsi que le déploiement d'une force militaire ouest-africaine qui devrait compter entre 500 et 600 hommes.

Jeudi, les chefs d'Etat de la Cédéao réunis en sommet à Abidjan avaient donné 72 heures à la junte pour se plier à leurs décisions en vue d'un retour à l'ordre constitutionnel, faute de quoi seraient imposées des sanctions individuelles mais aussi diplomatiques et économiques contre la Guinée-Bissau.

"Nous avons réussi à nous faire entendre de la Cédéao qui va envoyer dès demain (samedi) une équipe technique pour mettre la dernière main aux modalités pratiques du déploiement de la force régionale", a déclaré le lieutenant-colonel Na Walna au cours d'une conférence de presse.

Il a assuré que la restitution "du pouvoir aux civils était en bonne voie" car, a-t-il dit, "la place des militaires est dans les casernes".

Le futur gouvernement de transition "sera un gouvernement de technocrates et de personnalités neutres qui auront pour mission de gérer la transition pour douze mois", a-t-il ajouté.

Selon lui, les discussions avec la délégation ouest-africaine ont aussi porté sur "la mise en place d'un mécanisme de contrôle et de lutte contre le trafic de drogue".

Plaque tournante du trafic de drogue

Minée par une instabilité chronique, la Guinée-Bissau est devenue ces dernières années la plaque tournante du trafic de cocaïne entre l'Amérique du Sud et l'Europe, avec la complicité de la haute hiérarchie militaire et de reponsables politiques.

Le putsch du 12 avril était intervenu entre les deux tours de l'élection présidentielle, dont Carlos Gomes Junior était le grand favori. Le deuxième tour était prévu le 29 avril, mais les opposants avaient décidé de le boycotter, invoquant des "fraudes massives".

Les putschistes et les partis de l'ex-opposition ont tenté d'imposer une solution de transition, faisant la part belle aux anciens opposants, mais ont dû reculer face aux condamnations de la communauté internationale et aux menaces de sanctions de l'Union africaine, de l'Union européenne et de l'ONU.

La Cédéao a décidé qu'un contingent de "500 à 600 hommes", fournis par au moins quatre pays (Nigeria, Togo, Côte d'Ivoire et Sénégal), devrait être rapidement déployé en Guinée-Bissau.

L'objectif est de faciliter le retrait de la mission militaire angolaise présente dans le pays depuis 2011 et contestée par l'état-major bissau-guinéen, et d'"aider à sécuriser le processus de transition" qui doit s'achever par des élections dans un an.
 

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