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27/04/2012 à 21h:14
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Dioncounda Traoré, le président par intérim du Mali à Abidjan lors du sommet le 26 avril. Dioncounda Traoré, le président par intérim du Mali à Abidjan lors du sommet le 26 avril. © AFP

Le 26 avril, 11 chefs d'État de la Cedeao se sont réunis à Abidjan afin d'apporter une solution aux crises que traversent le Mali et la Guinée-Bissau. Non sans divergences, les membres de la Cedeao se sont accordés sur un déploiement militaire, dont le coût s'élevera à 577 millions de dollars. Retour sur un huis-clos mouvementé.

Lors de la rencontre d'Abidjan du 26 avril, 11 chefs d'État de la Communauté des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) ont pris la décision unanime d'envoyer quelques milliers de soldats au Mali et en Guinée-Bissau, suite aux coups d'État qui ont eu lieu dans ces deux pays. Selon une source ivoirienne, les deux opérations militaires coûteront 577 millions de dollars à l'organisation régionale et seront financées en partie par les États-Unis et l'Union européenne (UE).

L'évocation de la crise malienne n'a pas duré plus d'une heure. Le Nigérian Goodluck Jonathan s'est porté volontaire pour accompagner la médiation du président burkinabè Blaise Compaoré au Nord-Mali. L'Algérie et la Mauritanie qui avait été conviées aux discussions, au titre des pays de l'État-major intégré, se sont dites également prêtes à s'impliquer dans la résolution du conflit.

La force ouest-africaine qui sera déployée pour renforcer le processus de transition devrait être composée de 2 000 à 3 000 hommes, dont un millier d'Ivoiriens. Le coût de ce déploiement au Mali est évalué à 450 millions de dollars sur 12 mois.
 
Tensions bissau-guinéennes
 
Sur la Guinée-Bissau, le beau consensus des dirigeants ouest-africains s'est effrité.

Alpha Condé, le président guinéen et médiateur de la Cedeao à Bissau, qui a été lui-même victime d'une tentative de putsch militaire, aurait qualifié, selon une source, les militaires putschistes de « narcotrafiquants dangereux pour notre région », invitant à sévir au plus vite. Le président de la Cedeao, Alassane Ouattara, a lui aussi prôné la tolérance zéro pour la junte, souhaitant que la menace de la Cour pénale internationale (CPI) soit brandie contre cette dernière.

Les leaders gambien et sénégalais, divisés sur la question bissau-guinéenne, n'ont pas évité la passe d'armes. Yaya Jammeh, qui soupçonne le Sénégal d'être pro-bissau-guinéen, a tancé le Sénégalais Macky Sall, assis juste en face de lui : « Les Sénégalais connaissent bien la Guinée-Bissau, ils ont un pacte, aurait-il affirmé. Ils peuvent bien régler le problème. » Les propos n'ont pas manqué d'irriter le successeur d'Abdoulaye Wade, qui s'est insurgé contre la mauvaise plaisanterie de son homologue gambien.

Finalement, décision a été prise d'envoyer environ 620 hommes dans les plus brefs délais. Pour ces militaires, l'objectif sera de permettre le retrait de la mission militaire angolaise, présente depuis 2011 mais aussi d' « assister la sécurisation du processus de transition ».

C'est le Président Nigerian Goodluck Jonathan en sa qualité de Président du groupe de contact qui décidera de la période de déploiement. Abuja fournira un contingent de 320  éléments composés de policiers et militaires. Le Sénégal, la Côte d'Ivoire et le Togo apporteront les effectifs additionnels. Une opération qui coutera 127 millions de dollars sur 6 mois.

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