Extension Factory Builder
26/04/2012 à 16:17
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Jean Ukiwindi est jugé pour génocide et extermination en tant que crime contre l’humanité Jean Ukiwindi est jugé pour génocide et extermination en tant que crime contre l’humanité © AFP

Le Rwanda juge, à partir du jeudi 26 avril, son premier accusé pour "génocide" et "extermination en tant que crime contre l’humanité", en la personne de Jean Uwinkindi, transféré par le Tribunal Pénal International pour le Rwanda. Ce pasteur pentecôtiste est accusé d'avoir dirigé plusieurs attaques contre les Tutsis réfugiés dans sa propre paroisse de Kayenzi, en avril 1994.

Jean Uwikindi restera comme le premier accusé à avoir comparu au Rwanda pour crimes de génocide après avoir été transféré par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), basé à Arusha en Tanzanie. Le pasteur pentecôtiste a comparu jeudi devant la Cour de Kigali à laquelle il a réclamé un délai de quatre mois afin de préparer sa défense, « examiner le dossier et trouver un avocat ».

La Cour rendra vendredi 27 avril sa décision sur cette demande. Jean Ukiwindi est jugé pour « génocide » et « extermination en tant que crime contre l’humanité. » Arrêté en juin 2010 en Ouganda, la justice lui reproche d’avoir dirigé, en avril 1994, des attaques contre des Tutsis réfugiés dans sa paroisse de Kayenzi.

Stratégie de fin de mandat du TPIR

L’accusé a tenté de s’opposer jusqu’au bout à son jugement au Rwanda en estimant que les conditions n’y étaient pas réunies pour qu’il puisse bénéficier d’un procès équitable. Le TPIR avait cependant prononcé son renvoi devant la justice de Kigali en juin 2011, une première  puisqu’avant cette date, la juridiction internationale estimait que le pays ne remplissait pas les conditions requises.

Deux autres dossiers ont depuis été renvoyés à Kigali : ceux d'un ex-inspecteur de police judiciaire, Fulgence Kayishema, et d'un ancien maire, Charles Sikubwabo, tous deux en fuite. Le Rwanda a adressé des demandes de renvoi à plusieurs pays occidentaux, parmi lesquels la France, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, les Etats-Unis et le Canada. Ce dernier a expulsé en janvier Léon Mugesera, inculpé depuis pour planification du génocide, incitation à participer au génocide et distribution d'armes.

Les États-Unis ont eux aussi procédé à l’extradition de deux personnes, tandis que, fin mars, la justice française a, pour la première fois, rendu un avis favorable à l'extradition de Claude Muhayimana, soupçonné d'avoir pris part au génocide. Le transfert de dossiers vers des juridictions nationales fait partie de la stratégie de fin de mandat du TPIR, dont les procès de première instance doivent prendre fin en juin 2012.

(Avec AFP)
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Rwanda

Rwanda : le génocide, la France, Kagamé et sa conscience

Rwanda : le génocide, la France, Kagamé et sa conscience

Le 9 avril, lors d'un café littéraire à Kigali, le président rwandais, Paul Kagamé, a évoqué ses récentes déclarations sur le rôle de la France pendant le g&eacu[...]

Rwanda - Centrafrique : à Bangui, le passé résonne dans l'esprit des soldats rwandais

Les violences intercommunautaires dans la capitale centrafricaine réveillent de douloureux souvenirs chez les soldats rwandais de la Misca. Qui tentent d'utiliser leur expérience pour apaiser les tensions.[...]

Une histoire du génocide (#3) : attentat du 6 avril 1994, la thèse de la culpabilité du FPR ne tient pas la route

Dans ce troisième billet sur le déclenchement du génocide rwandais de 1994, Laurent Touchard* examine les derniers éléments de la thèse accusant le Front patriotique rwandais (FPR) de Paul[...]

Paul Kagamé : "Je ne conseille à personne de se mêler des affaires intérieures du Rwanda"

Démocratie, justice, France, Afrique du Sud, RD Congo, présidentielle de 2017... Le chef de l'État rwandais Paul Kagamé répond sans ambages à toutes les questions, même[...]

Déjà, en 1963, à Gikongoro...

*Jean-Paul Kimonyo est politologue. "Qui est génocide ?" C'est par cette formule un peu étrange que le président Grégoire Kayibanda ponctue, en mars 1964, l'un des plus [...]

"Les faits sont têtus"

Buzz : terme anglais signifiant bourdonnement d'insecte et technique de marketing viral consistant à amplifier l'effet d'un événement ou d'un produit. En recevant J.A. le 27 mars au matin,[...]

Génocide rwandais : pour Le Drian, "certaines accusations ne peuvent rester sans réponse"

Jean-Yves Le Drian a tenu vendredi à défendre l'"honneur" de l'armée française lors de l'opération Turquoise en 1994, après les accusations de complicité de[...]

Génocide rwandais : Claude Muhayimana arrêté et écroué en France

Interpellé mercredi à son domicile à Rouen, le Franco-Rwandais Claude Muhayimana a été mis en examen et écroué, selon des sources judiciaires sur place. Il est[...]

Une histoire du génocide rwandais (#2) : l'attentat du 6 avril 1994

Le 6 avril 1994, l'attentat contre le Falcon du président rwandais, Juvénal Habyarimana, sert de prétexte au déclenchement du génocide. Laurent Touchard* revient sur des années[...]

Génocide : un tribunal norvégien autorise l'extradition d'un suspect rwandais

La justice norvégienne a autorisé mardi l'extradition vers le Rwanda d'Eugène Nkuranyabahizi, soupçonné de complicité de génocide. Âgé de 41 ans, cet homme, qui se[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers