Jean Ukiwindi est jugé pour génocide et extermination en tant que crime contre l’humanité
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Le Rwanda juge, à partir du jeudi 26 avril, son premier accusé pour "génocide" et "extermination en tant que crime contre l’humanité", en la personne de Jean Uwinkindi, transféré par le Tribunal Pénal International pour le Rwanda. Ce pasteur pentecôtiste est accusé d'avoir dirigé plusieurs attaques contre les Tutsis réfugiés dans sa propre paroisse de Kayenzi, en avril 1994.
Jean Uwikindi restera comme le premier accusé à avoir comparu au Rwanda pour crimes de génocide après avoir été transféré par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), basé à Arusha en Tanzanie. Le pasteur pentecôtiste a comparu jeudi devant la Cour de Kigali à laquelle il a réclamé un délai de quatre mois afin de préparer sa défense, « examiner le dossier et trouver un avocat ».
La Cour rendra vendredi 27 avril sa décision sur cette demande. Jean Ukiwindi est jugé pour « génocide » et « extermination en tant que crime contre l’humanité. » Arrêté en juin 2010 en Ouganda, la justice lui reproche d’avoir dirigé, en avril 1994, des attaques contre des Tutsis réfugiés dans sa paroisse de Kayenzi.
Stratégie de fin de mandat du TPIR
L’accusé a tenté de s’opposer jusqu’au bout à son jugement au Rwanda en estimant que les conditions n’y étaient pas réunies pour qu’il puisse bénéficier d’un procès équitable. Le TPIR avait cependant prononcé son renvoi devant la justice de Kigali en juin 2011, une première puisqu’avant cette date, la juridiction internationale estimait que le pays ne remplissait pas les conditions requises.
Deux autres dossiers ont depuis été renvoyés à Kigali : ceux d'un ex-inspecteur de police judiciaire, Fulgence Kayishema, et d'un ancien maire, Charles Sikubwabo, tous deux en fuite. Le Rwanda a adressé des demandes de renvoi à plusieurs pays occidentaux, parmi lesquels la France, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, les Etats-Unis et le Canada. Ce dernier a expulsé en janvier Léon Mugesera, inculpé depuis pour planification du génocide, incitation à participer au génocide et distribution d'armes.
Les États-Unis ont eux aussi procédé à l’extradition de deux personnes, tandis que, fin mars, la justice française a, pour la première fois, rendu un avis favorable à l'extradition de Claude Muhayimana, soupçonné d'avoir pris part au génocide. Le transfert de dossiers vers des juridictions nationales fait partie de la stratégie de fin de mandat du TPIR, dont les procès de première instance doivent prendre fin en juin 2012.
(Avec AFP)

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