Le Front populaire ivoirien (FPI, parti de Laurent Gbagbo) pourrait ne pas participer au dialogue politique organisé par le pouvoir d’Alassane Ouattara les 27 et 28 avril à Grand-Bassam (est d’Abidjan). Laurent Akoun, secrétaire général par intérim du FPI, joint au téléphone à Abidjan, en donne les raisons.
Jeune Afrique : Les 27 et 28 avril, le pouvoir appelle l’opposition ivoirienne à un dialogue politique. Allez-vous y participer ?
Laurent Akoun : Nous sommes aujourd’hui le 25 avril, il y a encore deux jours avant la tenue de cette rencontre que le pouvoir appelle conclave, un terme d’ailleurs bien curieux. Vous verrez si nous y participerons ou non.
Des informations font état de votre volonté de boycotter cette rencontre. Qu’en est-il ?
Au FPI, nous sommes favorables au dialogue, c’est nous qui sommes demandeurs. Depuis que nous avons repris nos activités au lendemain des évènements postélectoraux, nous ne faisons que demander à dialoguer avec le pouvoir. Le dialogue et l’alternance politiques font partie de notre culture. S’il devait avoir un boycott, ce ne serait donc pas à notre niveau.
Qu’est-ce qui explique, dans ce cas, votre hésitation à participer à la rencontre des 27 et 28 avril ?
Nous n’avons pas dit « niet » au gouvernement. C’est la forme du dialogue qui nous pose problème. En septembre, à la faveur de la rencontre que nous avons eue avec Alassane Ouattara, nous avons remis au gouvernement un mémorandum qui contient l’essentiel de nos préoccupations - qui sont celles des Ivoiriens, notamment la sécurité des biens et des personnes sur toute l’étendue du territoire. Nous nous interrogeons juste sur les termes de référence de ce « conclave », qui ne précisent aucune rencontre préparatoire. Or, il aurait fallu qu’il y ait des rencontres préparatoires pour, entre autres, établir un chronogramme clair et consensuel. Cette préoccupation que nous avons transmise par courrier au Premier ministre n’a pas été acceptée. Il est trop facile de chercher à diaboliser le FPI en le présentant comme un parti qui refuse le dialogue alors que c’est lui qui en est demandeur.
Une partie de l’opposition conduite par Gervais Coulibaly, président de la Ligue des mouvements pour le progrès (LMP, coalition de plusieurs petits partis de l’opposition), compte participer au dialogue avec le pouvoir. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
Rien ne nous contrarie dans le choix fait par Gervais Coulibaly de discuter avec le pouvoir. De même, le pouvoir est libre de discuter avec qui il veut.
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Propos recueillis par André Silver Konan, à Abidjan.

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