Extension Factory Builder
19/04/2012 à 16:49
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Conférence de presse à Bissau après la signature de l'accord entre la junte et l'opposition. Conférence de presse à Bissau après la signature de l'accord entre la junte et l'opposition. © afp

La junte et l’opposition bissau-guinéennes ont signé dans la nuit de mercredi à jeudi un accord de transition démocratique. Mais celui-ci ne répond pas aux attentes de la Cedeao, et encore moins à celles de l’ancien parti au pouvoir, le PAIGC, qui boycotte les négociations.

S’achemine-t-on vers une issue négociée de la crise ouverte en Guinée-Bissau par le coup d’État du 12 avril ? Les anciens opposants et l’armée à l’origine du putsch ont en tout cas signé mercredi 18 avril dans la soirée un accord prévoyant une « transition démocratique » qui devra s’achever dans un délai « maximal » de deux ans et être sanctionnée par « l’organisation simultanée d’élections présidentielle et législatives ». Un revirement, alors que mardi, des informations faisaient état d’un rejet de tout accord par l’opposition, composée des principaux adversaires de l’ancien Premier ministre Carlos Gomes Junior, toujours aux arrêts.

Le texte de l’accord précise que l’armée « retournera dans les casernes volontairement, dans un esprit de soumission au pouvoir politique, après l'investiture du président de transition, du gouvernement de transition et du Conseil national de transition ». Toujours selon le document, ledit Conseil national de transition sera un « organe de contrôle législatif » chargé de « gérer le processus de transition », sans préciser quelle en devra être la composition.

Mais la junte garde toujours la main. Les délégués aux négociations ont précisé que les termes de l’accord octroyaient aux militaires le droit de choisir les noms des futurs présidents et Premier ministre de transition dans une liste établie par les partis politiques.

La fermeté des institutions internationales

Le lieutenant-colonel Daba Na Walna, porte-parole de la junte, s’est montré satisfait de la tournure prise par les événements, qualifiant la signature de l’accord de « moment symbolique ». Même son de cloche chez Cirilo Rodrigues, le chef du Parti socialiste. « Nous avons réussi à arracher le pouvoir aux militaires et c’est ça le plus important », a-t-il déclaré, ajoutant que « la Cedeao ne demandait rien d’autre que ça ». Mais en réalité, rien n’est moins sûr.

D’abord l’ancien parti au pouvoir le Parti africain pour l’indépendance du Cap-Vert et de la Guinée-Bissau (PAIGC), n’a pas pris part aux négociations, dénonçant par avance un accord jugé « anticonstitutionnel et antidémocratique ». Ensuite, l’organisation ouest-africaine a dépêché début de semaine une délégation spéciale chargée de négocier avec la junte et de demander, tout comme l’Union africaine, l’Onu et le Portugal, un retour à l’ordre constitutionnel ainsi que la libération du chef de l’État par intérim Raimundo Pereira et l’ancien Premier ministre Carlos Gomes Junior, retenus prisonnier par l’armée.

Un diplomate à Bissau relativise ainsi la portée de l'accord conclu avec la junte. « La Cedeao s'est prononcée pour un retour à l'ordre constitutionnel, ce qui signifie le retour au pouvoir de ceux qui ont été élus ». Une position qui sera vraisemblablement partagée par l'Union africaine (UA) et la Francophonie, qui ont suspendu mardi la Guinée-Bissau, mais aussi par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD) qui ont annoncé mercredi soir qu'elles gelaient leur aide au développement.

(Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Guinée Bissau

Carte interactive : voyagez en Afrique sans visa !

Carte interactive : voyagez en Afrique sans visa !

En vertu d'accords bilatéraux ou dans le cadre d'organisations sous-régionales, plusieurs pays africains ont supprimé l'obligation de visa d'entrée sur leur territoire. Grâce à une carte in[...]

La diversité religieuse ? Une richesse inéquitablement répartie

Chrétiens, juifs, musulmans, animistes, athées... Sur Terre, ce n'est pas la diversité qui manque. Une enquête recense les pays où elle est le plus forte. Première en Afrique, la[...]

Guinée-Bissau : face à face entre José Mario Vaz et Nuno Gomes Nabiam au second tour

José Mario Vaz, du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (PAIGC, principal parti du pays), affrontera le candidat de l'armée, Nuno Gomes Nabiam, le 18 mai, au second[...]

Élections en Guinée-Bissau : importante mobilisation avec au moins 70 % de participation

La participation aux élections présidentielle et législatives pourrait dépasser les 70 %. Les résultats sont attendus dès mercredi.[...]

La Guinée-Bissau a voté en masse pour tourner la page des putschs

Les électeurs de Guinée-Bissau ont voté massivement et calmement dimanche pour la présidentielle et les législatives, en espérant qu'elles permettront de tourner la page des coups[...]

La Guinée-Bissau vote dans l'espoir de tourner la page des coups d'État

Les électeurs de Guinée-Bissau ont commencé dimanche à voter à une présidentielle et des législatives dont ils espèrent qu'elles permettront de tourner la page des coups [...]

Guinée-Bissau : élections générales deux ans après un putsch

Les électeurs de Guinée-Bissau ont commencé à voter dimanche à une présidentielle et des législatives devant ramener l'ordre constitutionnel deux ans après un[...]

Vincent Foucher : "En Guinée-Bissau, beaucoup de politiques sont aussi des hommes d'affaires"

D'après le chercheur français Vincent Foucher, analyste à l'International Crisis Group, la mainmise de l'État de Guinée-Bissau sur les leviers de l'économie freine le[...]

Trafic de cocaïne et commerces illicites, bienvenue dans la Bissau Connection

Alors que l'économie de la Guinée-Bissau est sinistrée et que l'État sombre chaque jour un peu plus, le trafic de cocaïne et les commerces illicites prospèrent. Peu de chances que la[...]

Cinéma indépendant : "La bataille de Tabatô", de João Viana, à revoir les 6 et 11 avril à Paris

Le premier film de João Viana, "La Bataille de Tabatô", est rediffusé sur les écrans parisiens, les 6 et 11 avril, à l'occasion du festival organisé par l'Association du[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces