Extension Factory Builder
17/04/2012 à 19:11
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Juan-Carlos d'Espagne au Botswana en 2006 Juan-Carlos d'Espagne au Botswana en 2006 © Capture d'écran du site d'El Mundo

Depuis dimanche 15 avril, le roi espagnol Juan Carlos est au centre d’une violente polémique suite à la publication par la presse d’une photo le représentant fusil à la main devant un cadavre d’éléphant au Botswana. Un safari à 30 000 euros datant de 2006, dont la révélation, en pleine période de crise, tombe plutôt mal... d'autant que le souverain vient d'être hospitalisé à son retour d'un nouveau voyage... au Botswana !

Il y a des images qu’on préfèrerait ne jamais voir remonter à la surface. Et celle-là, pour la royauté espagnole, en fait incontestablement partie. Dimanche 15 avril, les quotidiens El Mundo et El País ont publié un cliché pour le moins embarrassant pour le roi Juan Carlos alors que le pays traverse une grave crise économique : on voit le souverain posant, fusil dans la main gauche, devant son trophée du jour, un majestueux éléphant du Botswana.

Selon la presse espagnole, Juan Carlos s'était rendu dans ce pays en 2006 pour une partie de chasse au pachyderme, autorisée à condition d’y mettre le prix : entre 7 000 et 30 000 euros. Au Botswana, pays qui compte plus de 130 000 éléphants, la chasse est en effet simplement « régulée ». Or, la publication de la photo en question intervient au plus mauvais moment pour la monarchie : le roi vient en effet d'être hospitalisé pour une fracture de la hanche droite contractée vendredi dernier au Botswana, justement.

"La honte de l’Espagne"

Conséquence : les médias espagnols et les défenseurs des animaux n’ont pas manqué de faire le lien entre le cliché de 2006 et le lieu de l’accident royal. « D'après les éléments en notre connaissance, il s'agit d'un voyage irresponsable, réalisé au moment le plus inopportun », écrit ainsi l'éditorialiste du quotidien de centre droit El Mundo. « Le spectacle d'un monarque chassant les éléphants en Afrique alors que la crise économique dans notre pays provoque tant de problèmes pour les Espagnols donne une image d'indifférence et de frivolité que le chef de l'État ne devrait jamais donner », poursuit-il.

Si la Maison royale n’a pas précisé le motif du dernier séjour en Afrique de Juan Carlos, elle n’a pu éviter une polémique qui entache à nouveau la monarchie, après celle concernant le gendre du roi Inaki Urdangarin, empêtré dans une affaire de corruption. Juan Carlos a même subi l’offensive - peu étonnante quand il s’agit de défense des animaux -, de l'ancienne actrice française Brigitte Bardot, le décrivant comme « la honte de l’Espagne ».

VGE, Bokassa et le prince William

Mais les déboires de Juan Carlos ne font que confirmer l’attrait de nombreux monarques ou présidents européens pour les safaris en Afrique. L’un des plus emblématiques restera sans doute Valéry Giscard d’Estaing, chef de l’État français, qui aimait à parcourir les forêts centrafricaines de l’Empereur Bokassa Ier (voir ci-contre la Une du J.A. n° 1078, daté du 2 septembre 1981). Plus glamour, le Prince William s’était fendu d’une demande en mariage à sa future promise Kate Middleton, en 2010 lors d’un safari kenyan.

Si la demande en mariage semble exclue pour le monarque espagnol, âgé de 74 ans, une chose est sûre : la royauté espagnole traverse sans doute la plus grande crise de son histoire post-franquiste. À titre de comparaison, la carrière politique de Valéry Giscard d’Estaing, comme sa popularité, n'eut de cesse de décliner après la révélation de ses frasques diamantaires...
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

International

Polémique : à Beziers, Robert Ménard fiche les 'élèves de confession musulmane' selon leurs prénoms

Polémique : à Beziers, Robert Ménard fiche les "élèves de confession musulmane" selon leurs prénoms

Le maire de Béziers Robert Ménard (extrême-droite) a de nouveau fait parler de lui. Lundi, il a assuré avoir fiché les élèves de sa commune selon leur "confession" - en r&e[...]

Miaou, miaou, ronron...

On va laisser de côté la politique, l'économie, le sport, la littérature et les people, cette horrible engeance, pour s'intéresser à autre chose - ou plutôt, puisqu'il ne[...]

Israël : la chanteuse américaine Lauryn Hill annule son concert à Tel Aviv

L'ancienne chanteuse des Fugees ne se produira pas en Israël. Elle a expliqué sa décision par la pression des militants dénonçant l'occupation de la Palestine, mais aussi par [...]

France - Front national : règlements de comptes en série, les Le Pen dans la tourmente

Rien ne va plus chez les Le Pen. Mardi matin, Jean-Marie, le grand-père, a violemment répondu à sa suspension du Front national, décidée lundi soir. Selon lui, voir Marine, sa fille,[...]

Littérature : l'Algérien Kamel Daoud remporte le prix Goncourt du Premier roman

L’écrivain algérien Kamel Daoud a reçu le prix Goncourt du Premier roman pour "Meursault, contre enquête" paru chez Actes Sud, a annoncé le jury du prix littéraire mardi[...]

L'État islamique revendique la fusillade au Texas et menace les États-Unis

L'attaque a eu lieu dimanche, en marge d’un concours de caricatures de Mahomet au Texas. La police a tué les deux assaillants présumés.[...]

Immigration : l'Italie appelle l'Europe à l'aide

L'Italie a appelé lundi l'Union européenne à prendre des "mesures significatives" face au flux ininterrompu des migrants en Méditerranée.[...]

Quand Sarkozy réclamait un "Noir" à ses côtés

Dans son autobiographie "La Petite fille de la Ve" paru le 29 avril, Roselyne Bachelot, ex-ministre de la Santé de Nicolas Sarkozy, rapporte que ce dernier aurait exigé de son équipe qu’elle[...]

Texas : deux assaillants abattus lors d'un concours de caricatures de Mahomet

La fusillade a eu lieu en marge d’un concours de caricatures de Mahomet. Un événement considéré comme islamophobe selon ses détracteurs, mais placé sous le signe de la liberté[...]

Royaume-Uni : vers l'explosion du traditionnel bipartisme ?

Traduction de "The big mess" : "le grand foutoir". C'est ce que risque de provoquer la défaite annoncée des conservateurs aux législatives du 7 mai et l'explosion du[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Purging www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120417170838 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120417170838 from 172.16.0.100