L'émissaire de la présidence malienne, Tiébilé Dramé, a rencontré des dirigeants du MNLA et d'Ansar Eddine à Nouakchott. Des premiers contacts "officiels" en attendant la poursuite des négociations sous l'égide du Premier ministre malien de transition qui devrait être nommé ce mardi.
Les pourparlers n'ont pas commencé car le Premier ministre malien n'a toujours pas été nommé, mais les premiers contacts « officiels » entre les rebelles touaregs et Bamako ont été « positifs », a indiqué une source proche du dossier. Tiébilé Dramé, l'émissaire du président malien par intérim, Dioncounda Traoré, a rencontré dimanche à Nouakchott des dirigeants du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) et du groupe islamiste Ansar Eddine, lui aussi prêt au dialogue.
Selon Hamma Ag Mahmoud, un haut dirigeant du MNLA basé en Mauritanie, « l'indépendance de l'Azawad [unilatéralement proclamée le 6 avril, NDLR] peut être négociée dans le cadre d'une fédération du Mali ». Mais les négociations vont se compliquer avec Ansar Eddine, qui ne réclame pas l'indépendance du Nord du Mali, mais l'application de la charia dans le pays, et se trouve en position de force sur le terrain par rapport à ses concurrents du MNLA.
Ansar Eddine ne veut pas de "non-musulmans"
« Entre frères musulmans, on peut arriver à s'entendre. Mais il ne faut pas que les non-musulmans se mêlent de nos problèmes », a déclaré dimanche Oumar Ag Mohamed, un proche d'Iyad Ag Ghali, le leader du groupe islamiste.
Depuis qu'elle a renversé Amadou Toumani Touré le 22 mars, la junte malienne se déclare quant à elle sans ambiguïté en faveur de pourparlers avec les rebelles, dans le respect de « l'intégrité territoriale » du Mali. Une volonté réaffirmée ce week-end lors d'une réunion à Ouagadougou, en présence de la médiation burkinabè et de la classe politique malienne.
Pour commencer les discussions, un gouvernement « d'union nationale » est attendu ce mardi. Une « short-list » de trois noms a circulé à Ouagadougou : Zoumana Sacko, qui avait avait assuré la transition en 1992 avant l'élection du président Amadou Toumani Touré, son ami d'enfance Michel Sidibé, actuel patron de l'Onusida, ou encore Dialla Konaté, professeur de mathématiques aux États-Unis, dont la position très critique contre la corruption au Mali lui a valu bien des inimités dans le régime ATT.
(Avec AFP)

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