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13/04/2012 à 19:04
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Le cercueil de l'ancienc président algérien Ben Bella, le 12 avril 2012 à Alger. Le cercueil de l'ancienc président algérien Ben Bella, le 12 avril 2012 à Alger. © AFP

Le vendredi 13 avril, vers 14 heures, le premier président algérien a été enterré à Alger. Sous une météo capricieuse, avec des voisins présents et des lointains absents.

C’est la troisième fois que l’Algérie enterre un homme qui a présidé à ses destinées. Avant Ahmed Ben Bella, c’est Houari Boumédiène, en décembre 1978, et Mohamed Boudiaf, en juillet 1992, qui avaient eu droit au même cérémonial et au même itinéraire : du Palais du peuple, où leur dépouille avait été exposée, jusqu’au carré des Martyrs du cimetière d’el-Alia où reposent désormais ces héros de la guerre de libération.

Toutefois, si les obsèques d’Ahmed Ben Bella, premier président de la République de l’Algérie indépendante ont attiré nettement moins de monde (plus d’un million d’Algériens avaient accompagné les deux premiers à leur dernière demeure, quelques centaines tout au plus ce 13 avril) cela n’a pas grand-chose à voir avec la popularité du défunt. La météo capricieuse - averses et rafales de vent - a vite convaincu de nombreux Algérois de suivre la cérémonie devant leur écran de télévision.

Du côté des officiels, la délégation la plus imposante était, sans conteste, la tunisienne. Ont fait le déplacement les chefs de la troïka (le président de la République, Moncef Marzouki, le président de l’Assemblée constituante, Mustapha Bendjaafar, et le Premier ministre, Hamadi Jebali) ainsi que le patron d’Ennahdha, Rached Ghannouchi (venu dans un autre avion que les trois premiers). Le souverain marocain Mohammed VI s’est fait représenter par son Premier ministre, l’islamiste Abdelilah Benkirane, son conseiller diplomatique, Taïeb Fassi Fihri, et l’ex-Premier ministre Abderrahmane Youssoufi, par ailleurs ancien avocat et proche ami du défunt. L’autre voisin, le Mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz, a également dépêché son Premier ministre, Moulaye Ould Mohamed Laghdaf. Soigneusement éloignés de la délégation marocaine par le protocole, les représentants de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), qui dispute la souveraineté sur le Sahara occidental au royaume chérifien, étaient emmenés par leur président, Mohamed Abdelaziz.

Grands absents et nouveaux présents

Ahmed Ben Bella a beau avoir été décoré de la Croix de guerre française et avoir reçu la médaille militaire des mains du général De Gaulle après la Seconde guerre mondiale, les Français n’ont pas jugé nécessaire de dépêcher de représentants officiels depuis Paris. Ni l’Elysée – peut-être trop occupé par la campagne électoral de son actuel locataire, Nicolas Sarkozy - ni le Quai d’Orsay n’ont envoyé de message de compassion. C’est l’ambassadeur de France à Alger, Xavier Driencourt, qui a été chargé de représenter l’ancienne puissance coloniale.

Du côté des nouveaux partenaires de l’Algérie, le Qatar s’est distingué. L’émir Hamad Ben Khalifa Al Thani a envoyé son fils, Jouan qui, arrivé tardivement, n’a pu assister aux funérailles. Consolation, et pas des moindres, il a eu droit à une audience avec Abdelaziz Bouteflika. Un chef de l’État qui s’est montré particulièrement ému au cours de la cérémonie.
 

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