Protégé par la France, l’ancien directeur de cabinet de Mouammar Kaddafi et président du Libyan African Investment Portfolio, Béchir Salah Béchir, détiendrait des informations permettant au CNT de mettre la main sur plus de sept milliards de dollars d’avoirs libyens manquants.
« Un homme qui vaut sept milliards de dollars [environ 5 milliards d’euros, NDLR] peut acheter beaucoup de protection ». C’est en ces termes qu’un cadre du Conseil national de transition libyen (CNT), cité par le Financial Times dans son édition du 9 avril, explique la complaisance des autorités françaises à l’égard de Béchir Salah Béchir.
Recherché par Interpol, l’ancien directeur de cabinet de Mouammar Kaddafi et président du Libyan Africa Investment Portfolio (LAP) séjourne à Paris, selon des informations révélées par Jeune Afrique. Après avoir été exfiltré de Libye grâce à l'intervention directe de Claude Guéant et de Bernard Squarcini, le patron des renseignements français, il y serait protégé par les autorités françaises.
Une situation qui n’arrange pas vraiment la Libye. Lancé dans l’inventaire de ses avoirs en Afrique, le CNT peine à mettre la main sur quelque sept milliards de dollars, cachés dans des comptes et des investissements obscurs. Dans leur quête, les officiels libyens se heurtent à la gestion pour le moins opaque du Libyan Africa Investment Portfolio, structure considérée comme l'un des principaux investisseurs sur le continent africain.
"L'argent du peuple libyen"
Fondée en 2006, la LAP était une filiale de la Libyan Investment Authority (LIA), dont elle était très indépendante. Dans la maison-mère, il ne resterait aucune trace des investissements qu'elle a effectué. « La LIA n’avait aucun contrôle sur ce qu’ils investissaient », affirme un de ses cadres au FT. « Personne ne pouvait aller les voir et leur demander ce qu’ils faisaient et où ils investissaient leur argent ».
Selon les autorités libyennes, la clé manquante du puzzle se nomme Béchir Salah Béchir. En tant que dernier président du LAP, « il est la seule personne en Libye à connaître tous les détails des investissements en Afrique », explique Abdelhamid el-Jadi, un banquier libyen collaborant avec le CNT. « Je n’ai pas le quart des informations qu’il a. Nous en avons extrêmement besoin », poursuit-t-il.
Pour le CNT, qui souhaite se désengager progressivement d'Afrique subsaharienne, la cause est de la plus haute importance. « C'est l'argent libyen pas celui de Kaddafi, l'argent du peuple libyen », clame le ministre des Affaires étrangères, Achour Ben Khayal. Selon, lui plusieurs pays « comme la Zambie essayent de prendre avantage » du flou actuel et, niant les contrats passés avec l’ancien guide, tentent de récupérer ces avoirs...

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