D'importants manuscrits historiques sont conservés dans la bibliothèque nationale de Tombouctou.
© AFP
Les habitants de la ville de Tombouctou, au Mali, s’organisent pour protéger le patrimoine historique de leur ville. Aidés de chercheurs et de bibliothécaires, ils ont réussi à cacher d’inestimables manuscrits anciens pour éviter qu'ils ne soient endommagés ou pillés par les rebelles touaregs.
Selon le professeur sud-africain Jeppie Chamil, impliqué dans le projet « Tombouctou, trésor de l’apprentissage », des conservateurs et des collectionneurs privés de manuscrits anciens racontant l’histoire de la légendaire « Ville aux 333 saints » du Mali, se sont organisés pour dissimuler les textes et documents les plus importants.
« Je ne fais pas confiance aux rebelles. Ils sont supposés avoir des dirigeants éduqués. Mais ils envoient sur le terrain des soldats illettrés qui n’ont pas de respect pour la chose culturelle », affirme Jeppie Chamil.
Fragiles, écrits en calligraphie ornementée et allant de traités savants à de vieilles factures commerciales, les documents historiques de Tombouctou constituent des recueils d'apprentissage dans des domaines aussi divers que le droit, les sciences, la médecine, l'histoire ou encore la politique. Certains experts les comparent en importance aux manuscrits de la Mer morte.
Certains des textes en danger avaient déjà été cachés pendant des générations sous des maisons en terre et dans les grottes du désert pour éviter que des envahisseurs ne mettent la main dessus. Aujourd'hui, ce sont quelque 8000 manuscrits qui auraient été transférés en lieux sûrs.
Pas de dommages, pour le moment...
Depuis le début de l’occupation le 1er avril, il n’y a pas eu de perte importante. Des combattants armés auraient volés des véhicules de la bibliothèque nationale de Tombouctou, où sont entreposés plus de 20 000 anciens manuscrits savants. Mais les rebelles ne sont pas entrés dans les salles contenant les trésors de papier, a affirmé Jeppie Chamil.
Le chercheur sud-africain n’est cependant pas confiant pour la sauvegarde des dizaines de milliers de textes historiques de Tombouctou dans les jours à venir. « Nous espérons que la situation ne changera pas », a-t-il dit, ajoutant que le fait que Tombouctou soit aux mains de différentes factions rebelles n’arrange pas les choses.
Depuis le 1er avril, la ville est occupée par le deux principaux groupes rebelles touaregs et rivaux : les nationalistes du MNLA, qui ont déclaré la sécession du Nord-Mali, et les islamistes d’Ansar Eddine (défenseurs de la foi, en arabe), qui réclament l'instauration de la charia au Mali.
(Avec agences)

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