Bosco Ntaganda est toujours à Goma et a tenu à le faire savoir. Soupçonné de défection, le général a démenti et contre-attaqué en accusant l’état-major congolais de mauvaise gestion.
« Je suis là, je n’ai pas peur ». Réagissant vendredi à des rumeurs qui le donnaient en fuite avec d’autres officiers, Bosco Ntaganda a tenu à montrer à des journalistes qu'il ne bougeait pas pour le moment de son domicile de Goma, dans l’est de la RDC.
Des rumeurs le prétendant en fuite vers son fief de Ngungu, dans le Nord-Kivu, avaient surgi lors de la défection de plusieurs officiers, pour la majorité des anciens membres du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP, ex-rébellion). Intégré comme ces derniers dans l’armée en 2009 après un accord de paix, Bosco Ntaganda est leur ex-chef d’état-major. Selon des sources de l'armée congolaise et onusienne, le nombre de soldats déserteurs serait estimé entre 200 et 300 hommes de troupe compris, voire plus.
Dans un communiqué de son porte-parole, Richard Muyej Mangeze, le gouvernement congolais a appelé vendredi les déserteurs à la discipline, les enjoignant de « s'abstenir d'actes susceptibles de les exposer aux rigueurs de la justice tant nationale qu'internationale ».
Revendications
Le général est visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) depuis 2006, qui le soupçonne d’enrôlement d’enfants, au même titre que Thomas Lubanga dont il était le numéro 3. Ce dernier a été condamné le 14 mars pour enrôlement, souscription et utilisation d'enfants-soldats durant la guerre civile en Ituri (RDC) en 2002-2003.
L’ex-rebelle a ensuite remis aux journalistes un projet de mémorandum dénonçant, entre autres, « les conditions de vie inhumaines » des soldats et le manque de logistique. Dans ce document non signé on pouvait lire : « Nous nous sommes donné la responsabilité d'intégrer l'armée pour renforcer la sécurité de notre nation, en particulier la paix à l'Est qui était menacée (...). Nous avons travaillé de façon remarquable pour que la paix revienne (...) mais dans des conditions inhumaines causées par la hiérarchie qui nous traite avec méfiance. Cela engendre l'échec des opérations [contre les groupes armés actifs dans l'est, NDLR] et les mauvaises conditions de vie des militaires ».
(Avec AFP)

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