Dans un communiqué daté du 4 avril, la junte au pouvoir au Mali accuse les rebelles touaregs du MNLA, les salafistes d’Ansar Dine et des membres d'Aqmi de commettre de "graves violations des droits de l’homme" dans le Nord du pays.
« Les populations du Nord-Mali, singulièrement celles de Gao, subissent de graves violations des droits de l'homme depuis l'invasion des combattants du MNLA (rébellion touareg), Ansar Dine (groupe islamiste dirigé par Iyad Ag Ghal) et Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique) », a dénoncé mercredi 4 avril la junte au pouvoir au Mali dans un communiqué.
« Les femmes et les filles sont enlevées puis violées par les nouveaux occupants qui y dictent leur loi », ajoute ce communiqué, signé du porte-parole de la junte militaire, le lieutenant Amadou Konaré.
Interrogé au téléphone depuis Bamako, un habitant de Gao, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a semblé confirmer les accusations des putschistes : « C'est une réalité, ici. La nuit, ils enlèvent des femmes, ils les emmènent, ils les violent », a confirmé cet habitant à l’AFP. Si le texte de la junte ne fournit aucun autre détail, notamment sur l'ampleur de ces viols, ce témoin assure avoir connaissance d'une dizaine de cas au moins depuis le 31 mars, date de la prise de Gao par les rebelles.
« Il n'y a plus de moyens de déplacements, et ceux qui tentent de quitter la ville à pied sont refoulés par les groupes armés », a-t-elle accusé. La junte dénonce également la restriction de la liberté d'aller et venir déniée aux populations dans les localités de Kidal, ville conquise le 30 mars, et Gao où les éléments MNLA, Ansar Dine et Aqmi bloquent, selon elle, tout mouvement des moyens de transport.
Pillages à Tombouctou et Gao
Selon Associated Press, le 2 avril, des habitants ont rapporté que les rebelles s'étaient rendus de magasin en magasin, demandant aux commerçants d'enlever les photos considérées comme non-islamistes. Un coiffeur a également affirmé avoir été fermement prié de retirer les photos de différentes coiffures qu'il avait affichées, parce qu'elles montraient des femmes non voilées.
Selon des sources concordantes, des pillages ont eu lieu à Tombouctou et Gao, visant en particulier des bâtiments publics, des locaux et entrepôts d'ONG internationales.
« Dans tous les cas, ces graves violations des droits de l'homme interpellent la conscience collective. Le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'État (Cnrdre) en appelle aux organisations et organismes internationaux, singulièrement l'ONU et la Cedeao pour une conjugaison des efforts en vue de condamner ces crimes et leurs auteurs », conclut le communiqué.
La Cedeao, le lundi 2 avril, puis l'Union africaine (UA), le 3 avril, ont tour à tour décidé d'imposer de lourdres sactions à l'encontre du CNRDE au pouvoir à Bamako.
(Avec AFP)

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