La rébellion touarègue contrôle toutes les grandes villes du Nord-Mali, une première dans l’histoire du pays depuis son indépendance. Tombouctou, la "Ville aux 333 saints" occupe visiblement une place à part dans le dispositif. Le chef d’état-major du MNLA, Mohamed Ag Najim, et le leader du groupe islamiste ansar dine, Iyad Ag Ghali, y ont établi leurs quartiers.
Mohamed Ag Najim, chef d’état-major du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) et ses hommes sont entrés dimanche 1er avril à Tombouctou, ville désertée par l’armée malienne. Le jour suivant, c’était le tour d'un autre groupe rebelle, les islamistes de Ansar dine, avec à leur tête Iyad Ag Ghali. Le MNLA a aussitôt libéré le camp militaire Cheick Sidi Elbakaye, au centre de la ville, pour y installer ses compagnons d'armes.
« Iyad a alors fait descendre le drapeau du MNLA qui se trouvait dans le fort et a hissé le drapeau de Ansar dine et celui du Mali », dit Baba Boré, animateur à la radio Alpharouk, une station FM de Tombouctou. « C’est un drapeau noir sur lequel est écrit en arabe et en blanc « La ilaha illallah » [« Il n’y a pas de divinité digne d’être adorée autre que Allah », NDLR] », dit Mohamed Yattara, un habitant de Tombouctou. Le même jour Iyad a tenu une rencontre avec les imams de la ville de Tombouctou.
Instaurer la charia au Mali
Il leur a expliqué que son objectif était d’instaurer la charia au Mali et a aussitôt donné pour instruction à ses hommes de mettre l’ordre dans la ville, où des civils souvent armés ont commis de nombreux pillages. Au même moment, le maire de Tombouctou, Hallé Ousmane rencontrait Ag Najim à son QG de l’aéroport de Tombouctou. Ce dernier l'a prié de diffuser des communiqués sur les radios locales pour ordonner l'arrêt des pillages et demander aux populations de voir le MNLA comme une force au service de la population.
Les deux groupes rebelles semblent opèrer main dans la main, de manière concertée et complémentaire. Iyad Ag Ghali veut instaurer la charia au Mali ou dans un État de l’Azawad acceptable à ses yeux. Quant à Ag Najim, il veut avant tout un État indépendant pour l’Azawad. Et une république islamique ne serait visiblment pas pour le déranger.
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Par Baba Ahmed, à Bamako

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