En attaquant Tombouctou et Kidal, les rebelles touaregs risquent de déclencher une guerre civile.
© AFP
La rébellion touarègue a décidé de pousser son avantage dans le Nord-Mali, profitant de la désorganisation de l'armée malienne qui s'est emparée du pouvoir par un coup d'État le 22 mars dernier. Un groupe du MNLA menace Tombouctou tandis qu'une autre partie de ses troupes a pris d'assaut Kidal avec l'aide du mouvement salafiste Ansar dine de Iyad Ag Ghali.
La tension est à son comble à Tombouctou, que les rebelles du Mouvement de libération national de l’Azawad (MNLA) menacent de prendre d’assaut. Mardi 27 mars, une délégation de la communauté bérabiche de la « cité aux 333 saints » a rencontré des responsables du MNLA dans la localité de Agouni, à 30 km au nord de la ville, pour leur demander de renoncer à leur projet. Les rebelles ne leur ont laissé que trois choix.
En substance : soit les membres de la communauté bérabiche font eux-mêmes déguerpir les soldats maliens, dont beaucoup sont originaires du sud du pays, soit ils laissent le MNLA s’en charger, ou encore - dernière option - ils se préparent à une attaque de la rébellion.
Milices armées
« Nous avons choisi la dernière option. Nous nous battrons pour nos richesses car nous ne voulons pas de pillages comme en 1990. Nous ne soutenons pas la junte non plus, qu’ils viennent se battre ici au lieu de mettre la pagaille à Bamako ! » s’emporte un notable de la région qui assure que les milices bérabiches sont « armées » et prêtes à en découdre. Autre hantise des bérabiches, souvent clairs de peau : être mis par les sudistes dans le même sac que les rebelles touaregs, dont ils rejetent les objectifs, les accusant de « jeter le Mali dans la guerre civile entre communautés ».
Les menaces du MNLA sont d’autant plus sérieuses que les rebelles et leurs alliés salafistes du groupe Ansar dine de Iyad Ag Ghali sont, eux, déjà entrés en action à 500 kilomètres au nord-est de Tombouctou, à Kidal. « Nous sommes en train d'être attaqués par les rebelles et des hommes d'Iyad. Nous sommes en train de nous défendre », a déclaré dans l’après-midi un militaire malien joint par l'AFP. Une information confirmée par un combattant d’Ansar dine.
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Par Baba Ahmed, à Bamako, avec Jeune Afrique

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