Célébrations de la révolution du 26 mars 1991 sous haute tension au Mali. Un rassemblement politique réclamant le départ de la junte menée par Amadou Haya Sanogo a réuni environ 2 000 personnes à la Bourse du travail de Bamako. Et dans le nord, la rébellion touarègue menace plus que jamais la ville stratégique de Kidal.
La classe politique malienne qui s’est regroupée ce week-end au sein d’un « front du refus » contre le coup d’État militaire du 22 mars au Mali, a appelé à un rassemblement ce lundi matin à la Bourse du travail de Bamako, à l’occasion des célébrations de la révolution du 26 mars 1991, jour férié au Mali. Objectif : réclamer le départ de la junte dirigée par le capitaine Amadou Haya Sanogo, qui a renversé Amadou Toumani Touré jeudi dernier. Environ 2 000 personnes étaient présentes, dont Soumaïla Cissé, le leader de l'Union pour la République et la démocratie (URD) et Tiébilé Dramé, leader du Parti pour la renaissance nationale. Des jeunes très remontés ont appelé à marcher sur la télévision nationale (ORTM) pour la reprendre aux putschistes.
Alors que les militants du « Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et de la République (Fudr) » convergeaient à la Bourse du travail, la vie commençait à reprendre son cours normal à Bamako, même si les administrations étaient encore fermées. Car c’est dans la journée de mardi qu’aura lieu le véritable test pour le gouvernement militaire, avec la reprise programmée du travail dans la fonction publique et le secteur privé. Et c’est aussi ce jour-là qu’aura lieu à Abidjan un sommet extraordinaire des chefs d'État de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) pour tenter de trouver un début de solution à la de crise.
Un reportage sur la manifestation du 26 mars à Bamako, par TV5 Monde
La junte met en garde les manifestants
Pas moins de 38 partis politiques, dont l'URD de Soumaïla Cissé et l'Alliance pour la démocratie au Mali (Adema) de Dioncounda Traoré sont regroupés dans le Fudr, au côté d'une vingtaine d'associations déterminées à lutter contre un putsch jugé « anticonstitutionnel ». De son côté, le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat (CNRDRE, junte) a mis en garde dans un communiqué lu dimanche soir à la télévision publique ORTM, contre tout débordement à l'occasion des manifestations de lundi. Les militaires mutins retiennent au camp de Kati, QG du nouveau pouvoir près de Bamako, quatorze proches du régime déchu. Pour protester contre la violation de leurs « droits élémentaires », ces personnalités auraient entamé dimanche une grève de la faim.
Pendant ce temps, au Nord-Mali, Kidal était sous la pression de la rébellion touarègue, et en particulier du groupe islamiste Ansar dine d’Iyad Ag Ghali qui a annoncé que la chute de la ville était « imminente ». Le mouvement, qui veut appliquer la charia par « la lutte armée » a déjà revendiqué le contrôle des localités d'Aguelhok, Tessalit et Tinezawaten (nord-est). Enfin, le sort d'Amadou Toumani Touré restait inconnu. Amadou Haya sanogo a assuré qu'il « va très bien et est en sécurité », sans aucun précision.
(Avec AFP)

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