Extension Factory Builder
22/03/2012 à 08:17
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des soldats mutins dans les rues de Bamako, mercredi 21 mars. Des soldats mutins dans les rues de Bamako, mercredi 21 mars. © Habibou Kouyate/AFP

La mutinerie des militaires maliens de la garnison de Kati, à Bamako, a finalement débouché sur le vide constitutionnel. Après de violents combats dans la nuit près de la présidence, une junte dirigée par le capitaine Amadou Sanogo a annoncé jeudi matin dans un message à la radio-télévision nationale avoir suspendu les institutions et décrété un couvre-feu. Le président Amadou Toumani Touré (ATT) reste quant à lui introuvable.

Un militaire renversé par d'autres militaires dans un scénario à la nigérienne ? Présentée en exemple sur le continent, la démocratie malienne s'est réveillée jeudi matin avec la gueule de bois, à un mois du premier tour de la présidentielle. Après une journée de mutinerie à Bamako, où les soldats rebelles ont terrorisé les habitants en ouvrant le feu dans les rues, en prenant d'assaut le palais présidentiel et en occupant le siège de la radio-télévision nationale, l'ordre constitutionnel est finalement tombé.

En raison, apparemment, d'un problème technique, l'allocution du porte-parole de la junte,  lieutenant Amadou Konaré, n'a pu être prononcée que vers six heures du matin sur les ondes de l'Office de la radio-télévision malienne (ORTM). Entouré d'une dizaine d'autres militaires, celui-ci a affirmé que les putshistes avaient agi pour faire face « à l'incapacité » du président ATT « à gérer la crise au nord de notre pays », confronté à une rébellion touarègue depuis la mi-janvier et aux activités de groupes islamistes armés tels que Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Selon une source indépendante, ATT « et ses hommes ne sont plus au palais », où des combats à l'arme lourde ont eu lieu dans la soirée de mardi.

"Manque de matériel"

Des coups de feu étaient toujours entendus jeudi matin dans le centre de Bamako. Une des principales justification du coup d'État serait le « manque de matériel adéquat pour la défense du territoire national » par l'armée malienne et « l'incapacité du pouvoir à lutter contre le terrorisme », a affirmé le lieutenant Konaré. Les militaires mutins sont regroupés au sein d'un Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'État (CNRDRE). Son chef, le capitaine Amadou Haya Sanogo, a ensuite pris la parole et annoncé que « toutes les institutions » avaient été suspendues, dont « la Constitution » et qu'un couvre-feu avait été décrété à compter de ce jeudi. Selon lui, la junte a « pris l'engagement solennel de restaurer le pouvoir » aux civils et de mettre en place un gouvernement d'union nationale.

« Nous contrôlons le palais présidentiel », avait auparavant annoncé un soldat mutin sous couvert de l'anonymat. Un autre affirmait que plusieurs personnalités du gouvernement, dont le ministre des Affaires étrangères Soumeylou Boubèye Maïga et celui de l'Administration du territoire, Kafougouna Koné, avaient été arrêtées.

(Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Mali : le Mujao annonce la mort de l'otage français Gilberto Rodrigues Leal

Mali : le Mujao annonce la mort de l'otage français Gilberto Rodrigues Leal

Le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) a annoncé mardi la mort du Français Gilberto Rodrigues Leal, enlevé en novembre 2012 dans l'ouest du Mali. [...]

Mali : les cinq humanitaires capturés en février ont été libérés par l'armée française

Les cinq humanitaires maliens, dont quatre employés du Comité international de la Croix-Rouge au Mali, capturés le 8 février ont été libérés jeudi par l'armée[...]

Carte interactive : voyagez en Afrique sans visa !

En vertu d'accords bilatéraux ou dans le cadre d'organisations sous-régionales, plusieurs pays africains ont supprimé l'obligation de visa d'entrée sur leur territoire. Grâce à une carte[...]

Mali : IBK au Sénégal, les raisons d'une visite

Le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, a fait une visite d'État au Sénégal, du 13 au 16 avril. Retour sur les raisons de cette visite.[...]

Mali - France : le ton monte

Les rapports entre le Mali et la France sont exécrables depuis plusieurs mois. Plus récemment, l'"affaire" Tomi et, surtout, la situation à Kidal n'arrangent rien.[...]

Terrorisme - Iyad Ag Ghaly : arrête-moi si tu l'oses !

Recherché pour terrorisme par le monde entier, le chef touareg Iyad Ag Ghaly semble pourtant poursuivi avec bien peu d'ardeur. Et pour cause : il reste un acteur essentiel dans la région.[...]

Le jihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar retiré en Libye ?

Selon le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), la présence en Libye de Mokhtar Belmokhtar serait une menace pour la paix. Le jihadiste algérien et ses hommes avaient occupé pendant[...]

Jean-Yves Le Drian : "IBK doit négocier, Samba-Panza aussi"

Mali, Centrafrique, Libye... Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, reconduit à son poste le 2 avril, est sur tous les fronts africains. Entretien avec un Breton sans états[...]

Mali : un nouveau gouvernement pour relancer la réconciliation

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a nommé les membres du gouvernement dirigé par le nouveau Premier ministre Moussa Mara, une équipe resserrée dont l'une des principales[...]

Journalistes de RFI assassinés au Mali : des juges français vont enquêter

Des juges d'instruction parisiens vont enquêter sur l'assassinat au Mali fin 2013 des deux journalistes de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon, a-t-on appris vendredi de source judiciaire.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces