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20/03/2012 à 09h:22
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Dans le Nord du Mali, les militaires originaires du sud montrent parfois peu d'ardeur au combat. Dans le Nord du Mali, les militaires originaires du sud montrent parfois peu d'ardeur au combat. © Baba Ahmed, pour J.A.

La perte du camp militaire d’Amachach, le 10 mars dans la région de Kidal, a installé un climat de méfiance jusqu’au plus haut niveau de l'armée malienne. La distance qui sépare Bamako du théâtre des opérations et la corruption qui y règne n'arrangent rien.

Le général Gabriel Poudiougou, chef d’état-major général des armées du Mali ne décolère pas face au rapatriement par l’Algérie, le 16 mars dernier, de plus de 100 militaires maliens à l’aéroport de Bamako. « Vous allez retourner tout à l’heure à Gao pour rejoindre le poste de contrôle opérationnel de l’armée (QG), ou vous serez radiés », a-t-il tonné devant les soldats en question, qui ont abandonné sans combattre le camp d’Amachach, à 7 km au sud de Tessalit, pour franchir la frontière algérienne.

Il s'agit du deuxième rapatriement de militaires maliens auquel l’Algérie procède depuis le début de la rébellion du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), le 17 janvier dernier. Et le général n’a pas tort de menacer de sévir, car un vaste murmure de mécontentement commence à se faire jour au sein des troupes.

« Nous n’avons plus le moral. J’ai l’impression que nos frères d’armes originaires du Sud ne se sentent pas chez eux au Nord : ils abandonnent facilement le terrain aux rebelles et nous laissent seuls. On dirait qu’ils viennent seulement pour se faire de l’argent ou pour avoir des galons. Cette situation ne peut pas perdurer », dit un militaire malien originaire Nord.

Réaction tardive

Un manque de motivation qui semble prendre de l'ampleur, d'autant plus facilement que l'information remonte assez mal au sommet de la hiérarchie, qui tarde à réagir. Par exemple, pour expliquer son repli du camp d’Amachach, au début de mars, le colonel major Elhadji Ag Gamou n'a pas évoqué le très mauvais moral des troupes. Il aurait dit que les alentours du camp étaient parsemés de mines. Or en se repliant, les militaires n'en ont rencontré aucune.

Et le climat de méfiance entre Koulouba et les officiers en poste sur le terrain des opérations ne semble pas près de s'améliorer. Comme le montre le cas de ces combattants touaregs venus de Libye et utilisés par Koulouba comme des miliciens contre la rébellion. Ceux-ci seront bientôt intégrés à l’armée. Une liste de ces hommes a été établie, sous le contrôle du colonel major Ag Gamou. Mais elle contient plusieurs noms de déserteurs de l’armée malienne. « Des anciens soldats et caporaux doivent être réintégrés. Mais sur la liste, ils doivent être enrôlés comme officiers », dit un militaire bien informé.

« D’autres officiers supérieurs font pire, ajoute-t-il. Ils détournent l’argent de l’entretien des matériels militaires, et celui des missions de prévention [patrouille, renseignement et contact avec les populations, NDLR]… Et ils monnaient aux militaires l'obtention de grades ». Conséquence, le matériel est en mauvais état et la capacité de prévention de l’armée fortement diminuée. Pourtant, l’argent a bel et bien été dépensé...

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Par Baba Ahmed, à Bamako

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