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14/03/2012 à 19:23
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Alassane Ouattara (c) pose avec son nouveau gouvernement, le 14 mars 2011 à Abidjan. Alassane Ouattara (c) pose avec son nouveau gouvernement, le 14 mars 2011 à Abidjan. © Sia Kambou/AFP

Si Alassane Ouattara a fait le choix de la stabilité en reconduisant son équipe ministérielle dans son intégralité, il a aussi déçu la presse ivoirienne et les diplomates occidentaux. Mais en s'octroyant la Défense et en prenant en main la réforme de l'armée, il réussit à envoyer un signal de fermeté.

« La montagne accouche d’une souris ». Le titre de l’Intelligent d’Abidjan résume le sentiment qui domine la presse ivoirienne après le remaniement d’Alassane Ouattara, ce mercredi. Le président ivoirien a déjoué les pronostics en reconduisant entièrement son équipe ministérielle.

Laissant de côté ses promesses d’intégrer des femmes et des techniciens au prochain gouvernement, il a fait le choix de la continuité. La seule nouveauté vient de la primature qui revient à un proche de l’ancien président Henri Konan Bédié, Jeannot Ahoussou Kouadio, lequel garde cependant son maroquin à la Justice. Lors du conseil des ministres, mercredi, Ouattara a justifié son choix en louant « l’important travail accompli » par le gouvernement, tout en l’exhortant à en faire plus pour le « décollage » économique du pays, en forte récession depuis la crise postélectorale de 2010-2011.

Affairisme

Reste que le remaniement, très attendu, a beaucoup déçu aussi bien en Côte d’Ivoire qu’au sein de la communauté internationale. Selon une source occidentale citée par l’AFP, les bailleurs de fonds seraient demandeurs d’un véritable remaniement, avec en ligne de mire certains ministres soupçonnés d’« affairisme ». Toujours selon la même source, le président ivoirien a préféré « ne pas bouleverser l’équipe en place » avant un très important allègement de la dette ivoirienne prévu pour le second semestre 2012. Ouattara a toutefois averti son équipe qu’« il n’hésiterait pas à mettre fin aux fonctions des ministres » indélicats. 

Outre la relance économique et la réconciliation à construire, l'une des préoccupations majeures du gouvernement reste l’insécurité. Un an après la crise postélectorale, les rues ivoiriennes peinent à retrouver totalement le calme. « La réforme du secteur de la sécurité reste cruciale pour l'avenir du pays », confirme Rinaldo Depagne, spécialiste de la Côte d'Ivoire à International Crisis Group (ICG). À ce sujet, Ouattara a décidé d’envoyer un signal fort en s’attribuant le ministère de la défense. Une prise de « risque », selon un proche des cercles du pouvoir.

Le danger des ex-rebelles

Car le principal chantier du président dans ce domaine sera celui de l’armée à laquelle ont été incorporés les ex-rebelles ayant combattu pour Ouattara et qui, toujours selon Rinaldo Depagne, manque « d'ordre et de structuration ». Après la chute de Laurent Gbagbo, l'actuel chef de l'État avait indiqué que 20 000 ex-combattants devaient être démobilisés. À ce jour, 40 000 personnes, des ex-rebelles pour la plupart, ont été identifiées. Au Programme national de réinsertion et de réhabilitation communautaire (PNRRC), on estime à 100 000 le nombre total de ceux qu'il faudra identifier, désarmer et réinsérer socialement. Ces deux dernières opérations prendront, selon les prévisions les plus optimistes, environ dix ans.

(Avec AFP)
 

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