L’ancien président du Liberia Charles Taylor, juste avant de quitter Monrovia le 11 août 2003.
© AFP
Le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) rendra son verdict le 26 avril, dans le procès de l’ex-président du Liberia, Charles Taylor, accusé de crime contre l’humanité et crimes de guerre.
« Le jugement dans le procès de l’ancien de l’ancien président libérien Charles Taylor sera rendu le 26 avril 2012 », a indiqué le tribunal dans un communiqué, précisant que le verdict serait lu lors d’une audience publique.
Si l’ancien président est reconnu coupable, une audience destinée à déterminer sa peine sera programmée, a précisé le communiqué du tribunal, qui indique également que le procès de Charles Taylor est le « dernier grand procès » du TSSL.
Crimes de guerre et esclavage
Président du Libéria de 1997 à 2003, Charles Taylor, 63 ans, est accusé d’avoir créé et mis en œuvre un plan visant à obtenir le contrôle de la Sierra Leone, grâce à une campagne de terreur, dans le but d’exploiter ses diamants.
L’ancien chef d’État avait été arrêté en 2006 au Nigéria. Alors qu'il plaide non-coupable, il doit répondre aujourd’hui de 11 chefs d’accusation de crimes contre l’humanité et crimes de guerre, dont meurtres, violences sexuelles et pillages, commis lors de la guerre civile qui avait fait 120 000 morts. Ces crimes auraient été commis entre le 30 novembre 1996 et le 18 janvier 2002.
Les troupes du président libérien ont combattu en Sierra Leone, aux côtés des rebelles sierra-léonais du Front révolutionnaire uni (RUF). Une rébellion que Charles Taylor dirigeait en sous-main, en leur fournissant armes et munitions en échange de diamants, explique l'accusation.
Souvent drogués, les hommes de Taylor auraient perpétré des mutilations et des actes de cannibalisme. De nombreux civils ont été tués à la machette, tandis que des femmes ont été traitées en esclaves sexuelles, parfois pendant plusieurs années, et des enfants de moins de quinze ans ont été enrôlés, servant dans des unités spéciales, comme l’Unité des petits garçons (SBU), toujours selon l'accusation.
50 000 pages de témoignages
En août 2010, à la demande du bureau du procureur, le mannequin britannique Naomi Campbell avait témoigné au procès pour s'expliquer au sujet de diamants du RUF qu'elle aurait reçus en 1997 de Charles Taylor, après un dîner en Afrique du Sud organisé par Nelson Mandela.
M. Taylor a quant à lui pris la parole durant plusieurs semaines en juillet 2009. Clamant son innocence, il a qualifié son procès de « supercherie », démentant avoir mangé de la chair humaine. L'ancien président a aussi affirmé ne voir aucun problème dans l’exposition de crânes humains à des points de contrôles militaires.
Le procès de Taylor, premier chef d’État africain poursuivi par la justice internationale, avait été délocalisé à La Haye pour des raisons de sécurité. Au cours des audiences qui se sont tenues entre 2007 et 2011, l’accusation avait présenté pas moins de 94 témoins. La défense seulement 21.
Le délibéré aura duré près d’un an, principalement en raison de la complexité de l’affaire. Les juges ont ainsi dû lire plus de 50 000 pages de témoignages et examiner 1520 éléments de preuve.
(Avec AFP)

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