Alors que les Sénégalais ont voté en masse pour le premier tour de la présidentielle dimanche 26 février, les candidats de l’opposition prévoient déjà un second tour entre le président sortant et l’ancien Premier ministre Macky Sall. Du côté Wade, on se veut plus mesuré en affirmant qu'"il n’y a pas de tendance lourde".
« Les chiffres en notre possession indiquent qu'un second tour est inévitable. Nous avons gagné les plus grands départements du Sénégal » a affirmé lundi 27 février le candidat à la présidentielle sénégalaise et ex-Premier ministre Macky Sall, alors que le premier tour du scrutin a eu lieu dimanche.
« Oui, le second tour est inévitable » a renchéri Abdou Latif Coulibaly, l’un des responsables de la campagne d'un autre poids lourd de l'opposition, Moustapha Niasse, lui aussi ancien Premier ministre de Wade.
« Ça peut encore changer, mais sur environ 60% des votes, la tendance c'est 30% pour Wade, 26% pour Macky et 20% pour Niasse », a-t-il ajouté. Un des responsables de campagne de Macky Sall avait lui tablé dimanche soir sur « 32 à 34% des voix » pour l’opposant, et « 34 à 36% » pour le président sortant.
Alors que les résultats provisoires officiels ne devraient être communiqués que mardi au niveau départemental et vendredi au niveau national, selon la Commission électorale nationale autonome (Céna), le camp Wade a lui estimé qu’il « n’y a pas de tendance lourde », selon les mots d’Hadj Amadou Sall, un des responsables de la campagne du président. « On est en train de collecter les résultats et rien ne permet de dire qu'il y aura un deuxième tour », a-t-il assuré, se basant que les résultats de « 8 à 9% des votes ».
"Union" anti-Wade
Sur de lui, Abdoulaye Wade avait pour sa part martelé qu’il n’y aurait pas de second tour lors de sa campagne. Un second tour serait donc bien malvenu pour le président sortant, d’autant que tous les partis d’opposition semblent pencher pour la tactique du « tout sauf Wade ». Ils devraient donc s’unir derrière le candidat qui aura obtenu le plus de voix en cas de second tour.
« Le principe, c'est de voter pour le candidat d'opposition le mieux placé a rappelé Abdou Latif Coulibaly, en parlant d’une « union » contre Wade.
« Entendre parler de victoire au premier tour est inadmissible. Cela engendrerait des conséquences graves. Au sortir d'une journée comme celle du 26 février, et des mois de tension que nous venons de connaître, marqués par de trop nombreux morts et blessés, il ne faudrait pas bafouer encore la volonté du peuple », a prévenu Macky Sall. « Quiconque serait tenté de violer la souveraineté du peuple porterait la responsabilité de la colère populaire qu'il susciterait » a-t-il menacé, se déclarant « fier » de l'attitude de ses compatriotes qui se sont mobilisés dans le calme dimanche après des violences préélectorales qui avaient fait en un mois de 6 à 15 morts.
(Avec AFP)

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