Recentré sur des missions de conseil et de formation, Canal France International (CFI) multiplie les projets de coopération avec les médias du continent, notamment au Mali.
Pour Abdoullah Coulibaly, organisateur du Forum de Bamako, au Mali, il n'était pas question cette année de faire l'impasse sur le rôle d’Internet dans une démocratie, « surtout après les révolutions arabes ». D'autant que pour sa douzième édition, l'événement a fait plancher pendant trois jours, du 16 au 18 février, économistes, universitaires et représentants de la société civile sur le rôle de l'État dans l'Afrique du XXIe siècle. Question brûlante au moment où le pays est le théâtre d'affrontements entre la rébellion touarègue et le pouvoir central.
En marge du forum, Abdoullah Coulibaly a d'ailleurs joint réflexions théoriques et travaux pratiques en accueillant pour la première fois une formation de blogueurs africains. Une session animée par Cédric Kalonji, journaliste et bloggeur congolais dépêché par Canal France International (CFI). Fini le temps où tous les moyens de CFI était accaparés par l'achat de programmes. Depuis plusieurs années, l’organisme de coopération média de l’État français s'est recentré sur ses missions de conseils et de formation à l'origine de sa création il y a deux décennies.
Programmes à la carte
Et même si son budget a fondu pour s’établir à 17 millions d’euros (contre 19 millions en 2007), Guillaume Pierre, responsable du pôle Afrique, relativise la portée de ces économies : « Auparavant CFI achetait beaucoup de programmes donnés ensuite quasiment gratuitement à de très nombreuses chaînes dans le monde qui les utilisaient peu. Cela coûtait très cher. Dorénavant nous distribuons moins, mais mieux : uniquement sur l’Afrique subsaharienne (programmes d’information, émissions jeunesse…) et uniquement des programmes que nos partenaires ont eux-mêmes choisis. Ainsi nous pouvons multiplier les missions, [139 en 2010, NDLR], que ce soit pour aider une télévision ou une radio à améliorer sa grille des programmes, le fonctionnement de sa régie publicitaire ou pour favoriser une meilleure couverture de l’actualité politique. » Une expertise que les États du continent n'hésitent pas à solliciter à l’approche des périodes électorales. En octobre dernier, CFI était par exemple intervenu en République démocratique du Congo (RDC).
Même chose au Mali mi-février en vue de l'élection présidentielle d'avril-mai. Au programme : une formation pour une cinquantaine de journalistes locaux de la télévision, de la presse, de la radio et d’Internet, animée par des professionnels venus de France. « Les sessions ont abordé des questions de fond comme la déontologie, l'équité, le respect du pluralisme des expressions, mais aussi des questions concrètes comme la distribution de la parole ou l’alternance des plans des différents participants lors d'un débat télévisé », explique Boris Zakowsky, de CFI. « Notre rôle est d’aider les médias à informer les citoyens de manière claire et objective. Permettre aux électeurs de comprendre les propositions de chaque candidat est encore un exercice complexe à maîtriser pour les journalistes, même dans un pays qui a connu plusieurs scrutins démocratiques comme le Mali », résume Étienne Fiatte, directeur général de CFI.
"Soft power" français
Sollicitée par le ministre de la Communication, Sidiki Konaté, l’intervention de CFI a aussi reçu l'aval de l'ambassade de France à Bamako. Placée sous la tutelle du ministère des Affaires étrangères français, Canal France International fait en effet partie intégrante du « soft power » (diplomatie) déployé par Paris. La France n'est bien sûr pas le seul pays à pratiquer ce type de coopération. C’est aussi le cas de la Grande Bretagne via BBC World Service Trust, une entité rattachée à la télévision publique.
Après le Mali, CFI mettra sans doute le cap sur la Côte d’Ivoire où la Radiodiffusion télévision ivoirienne (RTI) peine encore à trouver son équilibre après la crise post-éléctorale, alors que dans le même temps se profilent des dossiers plus techniques comme le passage à la télévision numérique terrestre prévue en 2015. Une suite logique. Avec l'aval du Quai d'Orsay, CFI avait déjà prévu de collaborer avec Alassane Ouattara quand celui-ci souhaitait monter sa propre chaîne de TV. Mais la chute de Laurent Gbagbo avait naturellement mis un terme au projet.

François Hollande en visite express à Addis-Abeba pour les 50 ans de l'(O)UA
50 ans de l'UA : panafricanisme, la longue marche vers l'unité
Chronologie : l'UA, une institution en mouvement







Découvrez le catalogue 2013 des Éditions du Jaguar
La campagne Pub de Jeune Afrique

Soldats du mouvement rebelle congolais du M23, le 1er décembre 2012 à Goma
L'ancien patron d'Elf, Loïk Le Floch-Prigent (2e g), le 17 septembre 2012 à Lomé
Capture d'une vidéo de la chaîne nigérienne Télé Sahel montrant les débris du véhicule ayant servi à un attentat suicide le 23 mai 2013 à Agadez
Capture d'écran non datée d'une vidéo fournie par l'agence mauritanienne Ani montrant Mokhtar Belmokhtar
Photo fournie le 20 janvier 2013 par SITE Intelligence Group de Mokhtar Belmokhtar
Un opposant après la dispersion d'une manifestation le 23 mai 2013 à Lomé
Le porte-parole du groupe salafiste jihadiste Ansar Asharia, Seifeddine Raïs, le 16 mai 2013 à Tunis
Cette photo publiée le 22 mai 2013 par la Mission conjointe des Nations unies et de l'Union africaine au Darfour (Unamid) montre une réfugiée qui a quitté les régions de Labado et Muhajeria, à l'est du Darfour











