Extension Factory Builder
23/02/2012 à 19:20
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Homs, sous les bombes de l'armée syrienne. Homs, sous les bombes de l'armée syrienne. © AFP

Alors que "les amis de la Syrie" se réunissent à Tunis vendredi pour favoriser une issue pacifique à la crise, à Homs, la paix semble ravalée au rang de simple souvenir. Sous un déluge quotidien de bombes, populations et journalistes tentent de survivre. Pour combien de temps ?

Homs. Ville assiégée. Ville frondeuse. Ville mourante, payant le prix de sa contestation au régime de Bachar al-Assad. Désormais, seul le quartier de Baba Amro continue encore de tenir tête au régime. Mais, sous un déluge de bombes, ce dernier bastion des révoltés n'a pas beaucoup d’espoir, à en croire les déclarations du Conseil National Syrien (CNS) mercredi : « Nous avons le choix entre deux maux : une intervention militaire ou une guerre civile ».

La réponse devra encore attendre puisque les pays occidentaux et la Ligue arabe, qui se réunissaient une nouvelle fois vendredi à Tunis, se sont contentés de proposer un système d’aide internationale, établi en collaboration avec le Comité international de la Croix Rouge (CICR). Ils ont également appelé à un cessez le feu mais le plan ne comporterait aucune disposition réellement contraignante pour le régime syrien, qui a de toute façon prouvé le peu de considération qu’il accordait aux injonctions occidentales, du moins tant que Moscou et Pékin seront derrière lui.

La presse, "cible privilégiée"

Depuis quelques semaines, et malgré les alertes de la communauté internationale, la répression n’a fait que gagner en intensité, l’armée cherchant à réduire la résistance de Homs à tout prix, y parvenant sauf dans le quartier de Baba Amro. Mercredi, les bombardements ont encore fait 24 victimes dans la ville, dont deux journalistes étrangers, le photographe Rémi Ochlik et la reporter du Sunday Times Marie Colvin.

Si Bachar al-Assad écrase Homs sous un tapis de bombes, c’est aussi d’une chape de plomb qu'il voudrait recouvrir la ville, en empêchant les journalistes étrangers de transmettre leurs informations comme l’avait fait Marie Colvin dans l'un de ses derniers reportage, accusant l’armée de bombarder Homs de sang-froid et d’affamer les civils.

 

Le régime a-t-il délibérément décidé de cibler la presse dans ses attaques ? Pour Jean-Pierre Perrin, grand reporter au quotidien français Libération, de retour de la ville rebelle, cela ne fait aucun doute : « Le petit centre de presse [situé dans le quartier de Baba Amro, NDLR], régulièrement bombardé, est une des cibles privilégiées par l'armée syrienne » qui « recommande de tuer tout journaliste qui mettra un pied sur le sol syrien. » Le ministère de l’Information syrien se contente de son côté de souligner la situation illégale de ces reporters, entrés irrégulièrement sur le sol de la République arabe, les visas officiels leur étant quasi-systématiquement refusés.

Les derniers jours de Homs ?

Le poids de l’information, et surtout celui des morts, plus de 7 600 personnes selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) depuis le début de la révolte en mars 2011, suffiront-ils à changer la donne à Pékin et Moscou, qui accordent toujours leur soutien au régime syrien ?

Pour Homs, il sera peut-être déjà trop tard. Des chars de l'armée syrienne sont entrés en action jeudi à Bab Amro. Peut-être pour la dernière fois.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Moyen-Orient

Le Yémen, l'eau, la guerre

Il y a plus d'une vingtaine d'années, un chercheur canadien, appelons-le Stéphane L., était venu nous rendre visite au centre de recherche où je travaillais alors, à l'École des mi[...]

Yémen : Abd Rabbo Mansour Hadi, sans fleurs ni couronne

Vaincu par la milice chiite houthiste, le président du Yémen a fui le pays. Ce n'est pas la gloire, aux yeux de ses compatriotes...[...]

"Taxi Téhéran" : la caméra sur 4 roues de Jafar Panahi

Depuis qu'Abbas Kiarostami a cessé de tourner en Iran et se fait rare, le cinéma de la République islamique n'a plus qu'un fer de lance capable de s'imposer sur le plan international : Jafar Panahi. [...]

État islamique : vivre le califat

Le seul nom de Daesh, auteur de violentes exactions, suscite la terreur. Mais sur les territoires conquis, le groupe tente aussi de gagner les coeurs et les esprits et de s'imposer en tant qu'État.[...]

Émirats arabes unis : des ouvriers se révoltent et incendient leur chantier

Des ouvriers travaillant à la construction d'un campus universitaire, dans le nord des Émirats arabes unis, se sont révoltés en incendiant une partie des bâtiments de leur chantier. Des[...]

Israël - Palestine : Tony Blair, envoyé spécieux

Chargé de favoriser le processus de paix, il aura surtout profité de sa position pour s'en mettre plein les poches. À la grande consternation des Palestiniens.[...]

Mathieu Guidère : "La compétition d'Aqmi et de l'État islamique en Tunisie est un facteur aggravant"

L'attraction du groupe terroriste de l'État islamique sur les jihadistes africains se fait de plus en plus forte. Décryptage des conséquences de ce phénomène avec l'islamologue Mathieu[...]

Yémen : les rebelles chiites Houthis s'emparent du palais présidentiel à Aden

Nouveau succès militaire des Houthis et leurs alliés au Yémen : les rebelles chiites ont mis la main sur le palais présidentiel de la ville d'Aden jeudi, huit jours après le début de la[...]

Yémen : des dizaines de civils tués dans des frappes de la coalition arabe

Une frappe aérienne de la campagne militaire arabe au Yémen a touché, lundi, un camp de déplacés situé dans le nord-ouest du pays. Des dizaines de civils ont été[...]

Yémen : le jihad des Saoud

D'un côté, une rébellion houthiste soutenue par l'Iran. De l'autre, Tempête décisive, une coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite. Au milieu de ce champ de bataille entre[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120223184355 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120223184355 from 172.16.0.100