22/02/2012 à 19h:25 Par Jeune Afrique
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Le ministre sud-africain des Finances Pravin Gordhan (c), le 22 février 2012 au Cap. Le ministre sud-africain des Finances Pravin Gordhan (c), le 22 février 2012 au Cap. © AFP

Énergie, logement, transport, éducation, eau... L'Afrique du Sud prévoit un vaste plan d'investissements dans les infrastructures pour un montant de 320 milliards d'euros sur neuf ans  pour dynamiser la croissance et l'emploi.

L’annonce est spectaculaire : le gouvernement sud-africain affirme qu’il va investir pas moins de 3 200 milliards de rands, soit 320 milliards d'euros, dans les infrastructures du pays sur une période de 9 ans. Objectif de ce faramineux programme qualifié d’« ambitieux mais pas ingérable » par le ministre des Finances Pravin Gordhan : stimuler la croissance et l'emploi.

« Ces investissements feront sauter des goulets d'étranglement critiques et permettront à l'économie et à l'emploi de croître à un rythme plus rapide », explique un document du ministère du Budget publié mercredi. Ils cibleront principalement l'énergie (le réseau électrique est défaillant), le logement, les transports (pour mieux écouler les exportations de minerais), l'éducation et l'eau.

« Nous entrons dans une nouvelle phase passionnante de l'économie sud-africaine. (...) Nous prenons un chemin tiré par l'investissement », a déclaré Pravin Gordhan avant de présenter au Parlement son budget pour 2012/2013. La première tranche du programme porte sur 845 milliards de rands (84 milliards d'euros) dans les trois prochaines années, dont 300 milliards dans l'énergie et 262 milliards dans les transports.

Un TGV entre Johannesburg et Durban

En tout, 43 projets sont concernés. La plus grande partie d’entre eux sont encore en cours d'évaluation, mais un quart sont déjà en cours d'exécution, comme le programme de construction de nouvelles centrales électriques. Parmi les projets à plus long terme, Pravin Gordhan cite notamment un TGV entre Johannesburg et Durban.

Reste la question des coûts. Le ministre des Finances précise que les investissements seront cofinancés par des institutions publiques de développement en partenariat avec le secteur privé, « sans compter sur des financements extérieurs coûteux ou de complexes arrangements structurés ».

« L'Afrique du Sud a des marchés de capitaux profonds et liquides, à travers lesquels des fonds peuvent être levés à long terme à des tarifs compétitifs par le gouvernement, les entreprises d'État et le secteur privé », affirme Pravin Gordhan. « Nos institutions financières de développement sont capables d'élever les investissements en capital et de co-financement des entités du secteur privé l'État et les municipalités », ajoute-t-il.

Financements propres

Mais l’État devra également trouver de nouveaux financements propres, alors que le experts tablent sur une croissance ralentie de 2,7% en 2012. Avec son budget annuel de 1 060 milliards de rands (106 milliards d'euros), le ministre annonce ainsi une hausse des taxes sur l'essence, l’établissement (controversé) de péages sur les autoroutes de Johannesburg et une possible hausse de la TVA pour financer la sécurité sociale.

Si l’économie sud-africaine demeure fragile, le gouvernement affiche son optimisme. Le déficit budgétaire devrait atteindre 4,6% du produit intérieur brut (PIB) sur l'exercice 2012/2013, en baisse de 0,2 point sur l'année précédente, l'objectif étant de le limiter à 3% en 2014/2015. Quant à la dette publique, elle devrait continuer à progresser à 36% du PIB cette année, pour atteindre un pic de 38,5% en 2014/2015.

(Avec AFP)

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