22/02/2012 à 08h:31 Par Jeune Afrique
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Youssou Ndour lors d'une manifestation du M23 à Dakar, le 21 février 2012. Youssou Ndour lors d'une manifestation du M23 à Dakar, le 21 février 2012. © AFP

De nouvelles violences entre manifestants et forces de l'ordre ont éclaté à Dakar mardi soir, aux abords de la place de l'Indépendance, blessant légèrement le chanteur Youssou Ndour à une jambe. Parallèlement, les observateurs de l'UA, dirigés par Olusegun Obasanjo, se mettent en place pour la présidentielle de dimanche.

Nouvel appel à manifester, nouveaux barrages policiers, nouvelles échauffourées... Chaque jour ou presque, le même scénario se répète à Dakar dans les jours qui précèdent la présidentielle du 26 février prochain. Mardi soir, des violences ont éclatées au moment ou Youssou Ndour, juché sur un véhicule, s'est approché de très près du cordon de policier qui ceinturait la place de l'Indépendance, pour en interdir l'accès à une foule d'environ un millier d'opposants.

Des pierres ont alors commencé à voler en direction des forces de l'ordre qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogènes. Le chanteur sénégalais a alors été blessé à la jambe. « Dans le feu de l'action », il « a été blessé à la jambe gauche, il a été examiné par un médecin, mais il ne souhaite pas en faire une affaire d'État », a déclaré Charles Faye, son conseiller en communication, sans plus de détail.

Appel de l'UE à "l'arrêt des violences"

Avant la dispersion de la manifestation, les partisans de Youssou Ndour, mais aussi de trois candidats à la présidentielle, Idrissa Seck, ex-Premier ministre de Wade (désormais accusé par la présidence d'être responsable des troubles), Ibrahima Fall et Cheikh Bamba Dièye, ont scandé des slogans et chanté des refrains d'une chanson hostile la candidature du président Abdoulaye Wade. Regroupées dans le Mouvement du 23 juin (M23), l'opposition et la société civile prétendent que la Constitution que le chef de l'État a lui-même modifiée lui interdit de solliciter un troisième mandat des électeurs.

En parallèle, la communauté internationale commence à s'activer pour éviter que le scrutin de dimanche ne dérape. Dans la soirée, la mission d'observation électorale de l'Union européenne ((MOE UE) au Sénégal a appelé « à l'arrêt des violences », tant celles des forces de l'ordre que des manifestants » et souhaité que « la libre réunion électorale » soit garantie.

Si le président Wade m'a conseillé de ne pas me présenter à un troisième mandat, ce que je n'ai pas fait, il est sans doute le mieux placé pour se conseiller lui-même.

Olusegun Obasanjo, Ancien président du Nigeria et chef de la mission d'observateurs de l'UA

Obasanjo à la manoeuvre

Parallèlement, l'ex-président nigérian Olusegun Obasanjo est arrivé à Dakar comme chef de la mission des observateurs de l'Union africaine (UA) pour la présidentielle. « Nous l'attendons à bras ouverts », avait auparavant affirmé Serigne Mbacké Ndiaye, porte-parole de la présidence. S'il « profite » de sa présence « pour discuter avec les uns et les autres, nous sommes ouverts, mais restons fermes sur certains principes », en particulier sur le non-report du scrutin, a-t-il ajouté.

Mais peu après son arrivée, Obasanjo a annoncé la couleur. Et à l'en croire, il ne devrait pas être très coulant avec le pouvoir : il a notamment déclaré que « si nécessaire », il ne serait pas qu'un simple observateur « en raison de la situation sur le terrain ». Or les violences ont déjà fait au moins six morts depuis la validation de la candidature de Wade, le 27 janvier. Et, on s'en souvient, Obasanjo avait été contraint en 2006 de renoncer à un troisième mandat à la tête du Nigeria sous la pression de l'opposition et de certains de ses pairs africains dont... Abdoulaye Wade lui-même. « Si le président Wade m'a conseillé de ne pas me présenter à un troisième mandat, ce que je n'ai pas fait, il est sans doute le mieux placé pour se conseiller lui-même », a ironisé Obasanjo.

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