Un rassemblement de fidèles devant une mosquée de la capitale sénégalaise a dégénéré en affrontements avec les forces de police dimanche 19 février. Les membres de la confrérie dénonçaient ce qu’ils qualifient de "profanation", la police ayant jeté des grenades lacrymogènes à l’intérieur du lieu de culte vendredi.
Les violences se poursuivent au Sénégal. Dimanche 19 février, un rassemblement devant une mosquée de la capitale a dégénéré en affrontements avec des policiers, provoquant de lourds dégâts matériels.
Il ne s’agissait pas cette fois-ci d’une manifestation organisée par l’opposition qui proteste contre la candidature du président Abdoulaye Wade à la présidentielle.
Environ un millier d'adeptes de la confrérie des Tidianes s'étaient rassemblés devant cette mosquée, la Zawiya El Hadj Malick Sy, afin de protester contre la projection de grenades lacrymogènes dans son enceinte, où se trouvaient des fidèles, par des policiers vendredi. Un geste considéré comme « une profanation » par la communauté, l’une des plus influentes du pays, à 95% musulman. Des leaders du mouvement du 23 juin (M23, coalition d’opposition et d’organisations de la société civile), s’étaient joints aux fidèles, priant agenouillés devant la mosquée.
Si le rassemblement a commencé dans le calme, la venue d’une personnalité considérée comme proche du pouvoir, mais dont le nom n’a pas été révélé, a provoqué la colère des fidèles, a rapporté un témoin.
Plusieurs centaines d'entre eux ont alors lancé des pierres sur des policiers qui ont riposté avec des grenades lacrymogènes et des balles en caoutchouc, tandis que l’un des manifestants jetait un cocktail Molotov sur un véhicule de police. Un homme a été blessé par une balle en caoutchouc et emmené, inconscient, par des secouristes.
Alors qu’elles semblaient manquer de munitions, les forces de police ont ensuite jeté des pierres contre les fidèles, alors qu’ils s’approchaient de l’avenue de la République qui mène au palais présidentielle. Les passants se sont dit très « choqués » d’observer de telles violences à proximité d’un lieu de culte.
"Bavure policière"
Ces affrontements interviennent alors que l’opposition tentait depuis six jours de manifester contre la candidature de Wade, et que toute manifestation a été interdite par le pouvoir. Toutes les tentatives de rassemblement par les opposants se sont soldées, depuis mardi, par des répressions violentes. Vendredi et samedi, une vingtaine de personnes ont été blessées.
Au total, cinq personnes ont trouvé la mort lors d’affrontements avec les forces de l’ordre depuis la validation de la candidature du président Wade par le Conseil constitutionnel le 27 janvier. Un jeune est décédé après avoir été blessé vendredi soir à Kaolack (dans l’ouest) lors d'une manifestation organisée pour protester contre la « profanation » de la mosquée de Dakar.
Des excuses ont été présentées dimanche par le ministre de l'Intérieur, Ousmane Ngom. Il a qualifié l’incident de la mosquée de la Zawiya El Hadj Malick Sy de « regrettable », admettant une « bavure policière ».
(Avec AFP)

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