20/02/2012 à 09h:22 Par Baba Ahmed, à Bamako
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Un soldat malien à l'entraînement près de Gao, au Nord-Mali. Un soldat malien à l'entraînement près de Gao, au Nord-Mali. © Luc Gnago/Reuters

La rébellion touarègue commence à s'en prendre à des localités du sud du Mali. Deux villages de la région de Mopti ont été attaqués par des hommes armés s’identifiant comme des combattant du MNLA. Les armes et les munitions de la gendarmerie de Hombori ont notamment été emportées et le chef de village tué, semble-t-il par méprise.

À 19 heures 30, ce samedi, deux véhicules Toyota 4X4 transportant des hommes armés en tenue militaire et parlant tamasheq ont attaqué la gendarmerie d'Hombori, entre Mopti et Gao. Ils n’ont trouvé qu'un seul gendarme sur place. « Les rebelles ont saccagé les locaux et ont pris toutes les armes qui s’y trouvaient avant de demander au gendarme de leur montrer la maison du chef de village », témoigne Maouloud Dabou, un habitant d'Hombori.

Les rebelles se rendent alors chez Moussa Balogo Maiga, 78 ans, et lui demandent les clés de la voiture de la gendarmerie. Mais celui-ci leur répond qu'il ne les a pas. La discussion s'envenime et « les rebelles tirent trois balles sur le vieux » avant de disparaître, raconte le maire de la commune d'Hombori, M. Amadou Beidy Maiga. « C’est après que nous avons compris que les rebelles cherchaient en fait le chef de la gendarmerie et non le chef du village », dit M. Dabou après l’enterrement de Moussa Balogo Maiga.

Dans un communiqué, le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA, rébellion) condamne quant à lui cette exaction en prétendant que « le chef de village de Hombori a été assassiné par les services de la gendarmerie malienne pour renforcer sa campagne de désinformation et d’intoxication (...). »

"Des déserteurs qui connaissent bien les localités attaquées"

Dans la matinée du même samedi 18 février, les rebelles ont également attaqué le village de Youwarou, toujours dans la région de Mopti. Un soldat de la garde nationale a été enlevé et le réseau téléphonique saboté. « Les rebelles qui attaquent au sud sont en majorité des déserteurs de l’armée. Ils connaissent bien les localités qu’ils attaquent et sont souvent dans des voitures de l’armée, qu’ils ont emportées lors de leur désertion », croit savoir une source sécuritaire à Bamako.

Quelque 24 heures avant l’attaque de Hombori, le camp militaire Fihroun Al Ansary de Gao avait lui aussi été attaqué par deux voitures du MNLA, le 17 février vers 1 heure 30 du matin. Aucune victime n’est cependant à déplorer dans ce qui s'apparente à une action de représailles suite aux combats sanglants de Tessalit.

Enfin, à la veille de l'attaque à Gao, jeudi 16 février, la ville de Léré, à la frontière Mali-Mauritanie, avait été reprise par les rebelles. « Aux environs de 5 heures du matin, nous avons vu l’armée malienne quitter la ville en direction de Nampala [localité plus au sud, NDLR]. Et à 9 heures du matin, nous avons vu 7 voitures des combattants du MNLA entrer dans la ville », a témoigné par téléphone un habitant de Léré. Avant que les rebelles, là encore, ne coupent le réseau téléphonique.
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Par Baba Ahmed, à Bamako

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