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20/02/2012 à 08:39
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Des manifestants du Mouvement du 20 février réunis à Casablanca le 3 juillet 2011. Des manifestants du Mouvement du 20 février réunis à Casablanca le 3 juillet 2011. © AFP

Le Mouvement du 20 février a fêté ce dimanche son premier anniversaire au Maroc. Invité à dialoguer avec le gouvernement, il n'a pour l'instant pas répondu positivement par crainte d'une manipulation du Makhzen.

On le dit essoufflé et en perte de vitesse mais il est encore loin d'abandonner son combat et semble s'inscrire durablement dans le paysage politique marocain. Le Mouvement du 20 février (M20) a fêté dimanche son premier anniversaire avec des rassemblements dans quelques unes des plus grandes villes du Maroc.

 

Comme à Casablanca, où les militants étaient rassemblées sur la grande place des Nations unies, les slogans réclamaient « la fin de la corruption », mais aussi l'obtention de plus de « liberté », de justice sociale et de démocratie dans le royaume, en dépit d'une réforme constitutionnelle intervenue en juillet 2011 et de l'établissement d'un gouvernement islamiste sorti des urnes.

Le ministère de l'Intérieur n'a compté que 150 manifestants à Casablanca, la deuxième ville du pays, mais le correspondant de l'AFP en a dénombré quelque 2 000. Un rapport de plus de un à dix qui donne une fourchette possible pour évaluer l'ampleur du mouvement au Maroc : pour le gouvernement, les manifestants n'étaient qu'un millier dans tout le pays.

Contre-manifestation à Rabat

Dans le centre-ville de Rabat, ils étaient encore un millier – en comptant les chômeurs et les badauds - à s'être rassemblés. En même temps, un groupe de contre-manifestants tenant des portraits du roi Mohammed VI manifestait un peu plus loin devant le Parlement.

Le M20 est une coalition d'activistes, d'étudiants et de travailleurs. Il a perdu un grand nombre de militants lorsque l'association islamiste Justice et bienfaisance a claqué la porte du mouvement en décembre. « Nous préférons être 200 avec des revendications précises et claires plutôt que des dizaines de milliers porteurs de messages ambigus », a indiqué Ahmad Mediany un des responsables du mouvement à Casablanca.

« Le 20 février a joué un grand rôle dans les réformes au Maroc », a reconnu Saadeddine El Othmani, le ministre des affaires étrangères qui est ausi l'un des dirigeants du Parti justice et développement (PJD, islamiste, au pouvoir), dans une déclaration au site internet Goud.ma. Le nouveau gouvernement de Abdelillah Benkirane a appelé au « dialogue au plus tôt » avec le M20, mais celui-ci n'a toujours pas répondu favorablement, sans doute dans la crainte d'une manipulation.

Nouveau "contrat social"

« Il ne s'agit pas de savoir si le gouvernement doit dialoguer avec le M20 car ce n'est pas un parti avec des organes de décision. C'est un mouvement de contestation qui veut la justice sociale dans un pays où les inégalités sont criantes », estime un sympathisant du mouvement, Omar Balafrej, président de la Fondation Abderrahim Bouabid, un « think tank » marocain pour la démocratie.

Selon lui, « le gouvernement serait bien avisé de prendre l'initiative d'ouvrir un vaste débat pour un nouveau "contrat social" avant qu'il ne soit trop tard. Il y a des villes aujourd'hui qui connaissent des tensions profondes » liées au chômage et aux difficiles conditions de vie. En outre, l'émergence du Mouvement de contestation a brisé de nombreux tabous en libérant la parole et en la portant dans la rue.

(Avec AFP)

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