Un "accrochage" lundi soir entre l’armée sénégalaise et des rebelles indépendantistes a fait de nouvelles victimes en Casamance. Bilan : trois soldats sénégalais tués et six autres blessés.
« Nous avons enregistré trois morts et six blessés », a déclaré une source militaire sénégalaise à l'AFP. C’est le bilan de l’accrochage lundi, « au crépuscule », entre l’armée régulière du Sénégal et « des maquisards du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) » à Sindian, à 50 km au nord de Ziguinchor (Casamance). Information confirmée par l’hôpital régional local qui a affirmé avoir « reçu six blessés et trois corps ». Rien n’a filtré sur d’éventuelles victimes dans les rangs des rebelles casamançais.
L’armée sénégalaise se trouve dans cette zone du Sindian « dans le cadre de la sécurisation des personnes et des biens contre ces bandes armées qui les terrorisent », ajoute la source militaire. Deux jours plus tôt, en campagne électorale pour sa réélection, Abdoulaye Wade a tenu un meeting à Ziguinchor au cours duquel il a proposé un nouveau plan pour mettre fin au conflit en Casamance.
Casamance, un conflit interminable
Depuis trois décennies, la guerre dans cette région a fait des milliers de victimes, civiles et militaires, malgré plusieurs accords de paix entre Dakar et la rébellion du MFDC, signés et aussitôt caducs.
Lors de sa première élection en 2000, Wade s'était pourtant engagé à résoudre le conflit en Casamance « en 100 jours ». Mais, affrontements, braquages et embuscades se sont poursuivis à intervalles réguliers, et se sont même intensifiés depuis novembre 2011. Ni les divisions internes au MFDC, ni la mort en décembre 2007 de son chef historique, l'abbé Augustin Diamacoune Senghor, n’a pu permettre l’accélération du processus de pacification.
S’il est réélu le 28 février, le président Wade promet de « poursuivre le dialogue avec le MFDC pour une solution pacifique de la crise ». Aujourd’hui, les deux parties belligérantes acceptent la médiation de la communauté Sant’Egidio. À condition que les discussions se tiennent en dehors de l’Afrique. C'est la dernière exigence de Salif Sadio, leader de la tendance la plus radicale de la rébellion casamançaise.
(Avec AFP)

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