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Des familles de militaires maliens ont manifesté contre le gouvernement, le 2 février à Bamako. Des familles de militaires maliens ont manifesté contre le gouvernement, le 2 février à Bamako. © AFP/Archives

L’assaut des rebelles touaregs du MNLA sur Aguelhok le 24 janvier dernier aurait fait beaucoup plus d’une quarantaine de morts du côté de l'armée malienne. "On parle d’une centaine", a confié le ministre français de la Coopération Henri de Raincourt. Une source française précise : "82 morts exactement, pas de civils".

Mis à jour à 16h32.

Ce n’est plus d’une quarantaine mais bien d’une centaine de morts du côté des militaires maliens dont on parle aujourd’hui pour une offensive des rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) à Aguelhok, au nord-est du Mali. Selon Jeune Afrique, qui avait révélé l’information, les corps de 41 militaires tués par balle ou à l’arme blanche le 24 janvier dernier avaient été retrouvés dans une fosse commune creusée dans le camp militaire de la ville. Mais le bilan définitif pourrait être beaucoup plus lourd.

« Il y a eu effectivement des violences absolument atroces et inadmissibles à Aguelhok, il y a eu effectivement des exécutions sommaires, des soldats, des personnes - on parle d'une centaine - qui ont été capturées et ont été froidement exécutées », a déclaré le ministre français de la Coopération, Henri de Raincourt, sur Radio France Internationale (RFI). « Certains prétendent que la méthode utilisée pour l'exécution s'apparente à celle utilisée par Al-Qaïda, a-t-il ajouté. Certaines victimes ont été égorgées, d'autres (tuées d') une balle dans la tête, en tout cas des méthodes barbares et expéditives. »

Rebelles touaregs et djihadistes

Selon une source française proche du dossier, qui confirme que les exactions ont été commises le 24 janvier, « au total, il y a eu 82 morts exactement, pas de civils ». Selon des informations de Jeune Afrique publiées le 26 janvier et confirmées après par le gouvernement malien, les rebelles du MNLA avaient combattu aux côtés de djihadistes du groupe salafiste Anssar dine d’Iyad Ag Ghaly, mais aussi d’hommes d’Abou Zeid, un émir d’Al-Quaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Ces derniers étaient probablement motivés par la soif de vengeance, de nombreux « frères » islamistes d’Ag Ghaly ayant été tués par l’armée malienne lors du premier assaut sur Aguelhok, le 18 janvier dernier.

Interrogé sur la possibilité que l'armée malienne cherche à lancer une contre-offensive avant d'arrêter les combats, le ministre français a estimé le plus important était « que les hostilités cessent le plus rapidement possible. (…) La stratégie des rebelles telle qu'on peut l'analyser et celle des autorités maliennes sont plutôt une stratégie d'évitement. Donc il n'y a pas eu de choc ni de bataille rangée puisque quand les rebelles arrivent dans un camp militaire, l'armée régulière l'a quitté quelques heures ou demi-journées avant », a-t-il ajouté.

Dans l'après-midi, l’armée malienne a confirmé pour la première fois officiellement que des exactions avaient été commises à Aguelhok. « Il y a eu effectivement des exécutions sommaires ce jour [du 24 janvier, NDLR], des personnes ont été égorgées, d'autres ont tout simplement reçu une balle dans la tête », a déclaré à l'AFP le colonel Idrissa Traoré, chef de la Direction de l'information et des relations publiques des armées (Dirpa) du Mali. Selon lui, il y a eu des civils parmi les victimes de ces exécutions qui, a-t-il affirmé, ne « peuvent avoir été commises que par ces gens d'Al-Qaïda au Maghreb islamique » (Aqmi). Un officier qui a enterré des victimes de ces exécutions a quant à lui affirmé à l'AFP avoir « compté 97 soldats tués et vu un camp (militaire) totalement dévasté, des véhicules qui brûlaient ».

(Avec AFP)

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