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13/02/2012 à 09:15
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Considéré comme le plus proche conseiller de Kabila, Mwanke était aussi le plus discret. Considéré comme le plus proche conseiller de Kabila, Mwanke était aussi le plus discret. © Anna Ziemanski/AFP

Augustin Katumba Mwanke, député du Katanga : c'est l'un des plus proches conseillers officieux de Joseph Kabila qui est décédé dimanche dans un accident d'avion à Bukavu (est de la RDC), ainsi que deux membres américains de l'équipage. Plusieurs autres personnalités officielles du régime dont le ministre des Finances Augustin Matata Ponyo ont, elles, été blessées dans le crash.

L'éminence grise de Joseph Kabila, Augustin Katumba Mwanke, surnommé « l'autorité morale », a été tué dimanche dans le crash d'un avion à Bukavu (est de la RDC) avec deux membres d'équipage américain. Cinq des huit passagers ont survécu mais sont parfois grièvement blessés. On compte parmi eux le ministre congolais des Finances, Augustin Matata Ponyo, le gouverneur du Sud-Kivu (est), Marcelin Tshisambo, et Antoine Ghonda, ancien « ambassadeur itinérant » du président congolais.

La présidence a précisé que le conseiller de Kabila et le pilote avaient « été tués sur le coup » vers 14 heures locales (12 heures GMT) lors de l'atterrissage manqué de leur bi-réacteur Gulfstream 200 venant de Kinshasa via Goma. Celui-ci s'est posé « au milieu de la piste et est allé terminer sa course dans un ravin après la piste. L'avion est endommagé », a expliqué un responsable de l'aéroport.

"Mauvaise appréciation de la piste"

« La météo était bonne, je pense que c'était une mauvaise appréciation (de la piste) parce que c'est la première fois que ces pilotes arrivent ici à Bukavu », a-t-il ajouté. Parmi les blessés, le ministre des Finances se trouvait dans un état « grave », dit une source à la présidence tandis que le gouverneur du Sud-Kivu a « les jambes fracturées », selon le responsable de l'aéroport.

Âgé de 48 ans, Augustin Katumba Mwanke avait été réélu à la fin de 2011 député du Katanga, dont il était originaire, pour le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, au pouvoir). Au sein du cercle étroit et discret des fidèles de Joseph Kabila, c'était sans doute le plus influent et le plus proche du président, même s'il n’occupait aucune fonction officielle au cabinet de ce dernier. Il lui prodiguait de nombreux conseils, surtout en matière économique. On reconnaît son empreinte sur les contrats passés avec la Chine, en 2007, et dans toutes les grandes décisions concernant le secteur minier.

« Katumba a tissé autour du chef de l’État un réseau d’hommes d’affaires efficace. Quand une décision doit être prise, il les sollicite directement et évite les lourdeurs de l’administration des ministères », expliquait un banquier à Jeune Afrique en 2009. Avant de servir Kabila fils, Katumba avait été un lieutenant de Laurent-Désiré Kabila, qu'il avait rencontré lorsqu'il était cadre dans une banque sud-africaine, peu de temps après la prise de Lubumbashi, la capitale du Katanga, en avril 1997. Dans la foulée, il prend le jeune et encore timide Joseph Kabila sous sa protection, avant que celui-ci n'accède au pouvoir dans après l'assassinat de son père.

"Mainmise sur les ressources"

Katumba est cité en 2002 dans un rapport des Nations unies sur le pillage des ressources du Congo. Il y est décrit comme membre d'un « réseau d’élite congolais et zimbabwéen ayant des intérêts politiques, militaires et commerciaux (qui) cherche à garder la mainmise sur les principales ressources naturelles (...) dans la zone (de la RDC) tenue par le gouvernement ».

Le rapport précisait que « ce réseau a transféré des actifs représentant au moins 5 milliards de dollars du secteur minier public à des entreprises privées qu’il contrôle, sans verser aucune indemnité ni prestation au Trésor public ». Katumba était placé par les experts sur une liste de personnes contre lesquelles était recommandé une « interdiction de déplacement » hors du Congo, le « gel de leurs avoirs personnels » et une « interdiction d'accéder au système bancaire ». Mais celui qui était à l'époque ministre délégué à la présidence, en charge du portefeuille de l'État, n’a jamais vraiment connu la disgrâce. Il a été simplement suspendu de ses fonctions fin 2002 par Kabila avant d'être nommé en 2004 « ambassadeur itinérant » à la présidence.

(Avec AFP)

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