11/02/2012 à 10h:28 Par Armelle Nya, à Douala
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Paul Biya est le seul à pouvoir reporter une élection, en cas de force majeure. Paul Biya est le seul à pouvoir reporter une élection, en cas de force majeure. © D.R.

Elections Cameroon a annoncé une refonte des listes électorales. Pour tenir dans les délais légaux, l’opération doit être bouclée au plus tard le 22 avril 2012, à trois mois de la tenue du double scrutin municipal et législatif. Mission presque impossible.

C’est le Mouvement des écologistes du Cameroun (MEC) qui a émis en premier l’idée d’un report des élections municipales et législatives prévues en juillet prochain. Fritz Pierre Ngo’o, le président national du parti, réagissant à l’annonce de la refonte des listes électorales faite par Elections Cameroon le 7 février, avait indiqué qu’il fallait prendre le temps nécessaire pour mener le processus à bon port.

À sa suite, Abanda Kpama, président du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem), a précisé qu’en plus du renouvellement du fichier électoral, il y aurait d’autres éléments à prendre en compte pour que le futur scrutin soit libre et transparent. « Il faut dès maintenant introduire la biométrie et adopter le principe d’un bulletin unique pour les législatives et les municipales », a-t-il affirmé à Jeune Afrique.

Le SDF pessimiste

Sans demander explicitement le report des élections locales, le principal parti de l’opposition parlementaire, le Front social démocratique (SDF) rappelle qu’il y a « des préalables à surmonter avant tout ». Le secrétaire régional à la communication du SDF pour le Littoral à Douala, Jean Robert Waffo se montre d’ailleurs pessimiste : « Le budget d’Elections Cameroon qui se chiffre à 11,5 milliards de F CFA n’a pas encore été libéré par l'État. La prochaine session de l’Assemblée nationale se tient au mois de mars prochain. Le corps électoral doit normalement être convoqué au plus tard le 22 avril 2012. Elecam n’a donc plus que 72 jours pour opérer la refonte des listes électorales », explique-t-il.

Le report discuté à Elecam

Depuis l’annonce d’Elecam, le gouvernement camerounais n’a pas réagi. Tout comme il n’y a eu aucune déclaration officielle du parti au pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC). À Elecam, par contre, l’idée d’un possible report du scrutin est partagée par plusieurs membres du Conseil. L’un d’entre eux a confié vendredi 10 février à Jeune Afrique que « la question du report a effectivement été évoquée lors de la session du Conseil électoral tenu le 7 février dernier à Yaoundé, mais la date de la tenue des élections relève de la compétence du chef de l'État, qui convoque le corps électoral ». La loi électorale camerounaise prévoit qu’en cas de force majeur, le président de la république peut décider du report des élections.
________

Par Armelle Nya, à Douala

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Cameroun

Football - Cameroun : Patrick Mboma fait son jubilé à Yaoundé

Football - Cameroun : Patrick Mboma fait son jubilé à Yaoundé

Patrick Mboma, l’ancien attaquant des Lions indomptables du Cameroun, va fêter son jubilé du 24 au 26 mai à Yaoundé, en présence de nombreuses stars du football international.[...]

Banque : la Beac entre convalescence et redressement

Rigueur budgétaire, contrôle, transparence, prudence... Depuis le scandale qui l'a ébranlée en 2009, la Banque des États de l'Afrique centrale a revu son code de conduite. Cela n'empêche pas[...]

Cemac : qui succédera à Antoine Ntsimi ?

Le sommet des six chefs d'État de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac) devrait enfin se tenir à la mi-juin, à Brazzaville, et "quoi qu'il arrive"[...]

France : Philippe Ebanga, républicain au long cours

Natif de Douala, Philippe Ebanga, a commandé le deuxième plus grand navire de guerre de la flotte française. Il est le nouveau porte-parole de la marine.[...]

Armée française en Afrique : renégociation des accords de défense, rompre avec la "Françafrique"

Le 18 avril, Paris a finalisé la remise à plat des accords militaires passés avec ses anciennes colonies. Au final, des bases moins nombreuses et des effectifs réduits. L'essentiel, c'est de se[...]

France : Jean-Marc Ayrault, un Premier ministre à la fibre africaine

La France connaît le nom de son nouveau Premier ministre. Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale et maire de Nantes, remplace François Fillon à[...]

Agrobusiness : Apibana ou l'art du lobbying

L'African Pineapples and Bananas Association fait front contre le tarif de douane préférentiel que l'Europe pourrait accorder à l'Amérique centrale.[...]

Agrobusiness - Cameroun : Yaoundé enclenche la première

Avec l'aide de l'Inde, une usine de tracteurs et de moissonneuses-batteuses a été livrée à Ebolowa, dans le sud du pays. De quoi révolutionner l'agriculture camerounaise ?[...]

Marchés publics africains : le leadership chinois pointé du doigt

Barrages, routes, chemins de fer... Depuis dix ans, Pékin multiplie les contrats en Afrique, sur le modèle controversé "matières premières contre infrastructures". Mais d'autres[...]

Industrie pharmaceutique : William Kouadio-Tiacoh prend soin du continent

Directeur général de la zone Afrique centrale chez Sanofi, le pharmacien franco-ivoirien William Kouadio-Tiacoh décline la stratégie du géant français dans douze pays.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers