09/02/2012 à 09h:40 Par Jeune Afrique
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le président tunisien Moncef Marzouki le 14 janvier 2012 à Tunis. Le président tunisien Moncef Marzouki le 14 janvier 2012 à Tunis. © AFP

Le président tunisien Moncef Marzouki a démarré mercredi 8 février sa tournée maghrébine par une visite au Maroc, où il a pu rencontrer le souverain et le Premier ministre. Au menu des discussions : la relance de l’Union du Maghreb arabe, restée lettre morte depuis sa création en 1989.

« Nous allons oeuvrer cette année à rétablir la cohésion avec nos frères algériens, marocains, libyens et mauritaniens, dans le but de ressusciter le grand rêve de l'Union maghrébine, gelée depuis des années ». C’est en ces termes que s’est exprimé le président tunisien Moncef Marzouki au premier jour de sa visite au Maroc, mercredi 8 février.

Le président doit séjourner trois jours chez son voisin marocain, première étape d’une tournée en Afrique du Nord, qui vise à donner un nouveau souffle au processus d’union maghrébine. Moncef Marzouki a été accueilli à sa descente d'avion par le roi Mohammed VI, en compagnie duquel il est ensuite allé déjeuner au Palais royal. Un repas auquel assistait également le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane.

Le président tunisien a pu exposer ses projets. Notamment celui d’accueillir un sommet des cinq pays (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Mauritanie) qui composent l'Union du Maghreb arabe (UMA). Moncef Marzouki entend bien relancer la machine de la coopération entre ces pays, restée lettre morte malgré la création de l’UMA en 1989, en faisant de cette année celle de « l'Union maghrébine ». Le président tunisien vise un programme simple, que les ressortissants des pays du Maghreb puissent jouir des « cinq libertés » : « les libertés de circulation, de résidence, de travail, d'investissement et de propriété et, enfin, du droit de participation aux élections municipales ».

Deux points de croissance

Si Moncef Marzouki souhaite faire de son pays le leader de la coopération économique régionale, la réalisation d’une union maghrébine ne dépendra surement pas de sa bonne volonté. Les deux géants de la région, l’Algérie et le Maroc, devront tout d’abord parvenir à s’entendre. Rabat et Alger ont récemment amorcé une détente dans leur relation et multiplié les rencontres diplomatiques. Il y a quelques mois déjà, le roi du Maroc avait souhaité la création d'un « nouvel ordre maghrébin qui tienne compte des changements intervenus en Libye et en Tunisie ».

« L'avenir du Maghreb passe inéluctablement par une intégration inter-maghrébine et tout retard pénalise davantage cette importante partie de la Méditerranée », explique Abdelaziz Karraky, professeur de sciences politiques à l'université de Rabat.

Reste à savoir si le règlement de la question du Sahara occidental, cause d’un lourd différend entre le Maroc et l’Algérie, est un préalable à la coopération. Moncef Marzouki, lui, en est sur : cette question peut être mise entre parenthèse, et les pays se concentrer sur les aspects économiques. Selon les experts, la réouverture des frontières, toujours fermées depuis 1994 entre l'Algérie et le Maroc, et la circulation des biens et des personnes au Maghreb pourraient augmenter de deux points le taux de croissance de cette région riche en matières premières (phosphates, pétrole, gaz...) et en main d'oeuvre.

Pour le moment, les échanges commerciaux entre ces pays restent minimes. Une réunion ministérielle de l'UMA est d'ores et déjà prévue le 18 février à Rabat.

Quant à Moncef Marzouki, il se rendra jeudi à Marrakech pour se recueillir sur la tombe de son père, un ancien opposant tout comme lui, qui a vécu en exil au Maroc.

(Avec AFP)
 

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Tunisie

Tunisie : des groupes salafistes 'menacent les libertés' selon une ONG

Tunisie : des groupes salafistes "menacent les libertés" selon une ONG

Des groupes salafistes menacent les libertés en Tunisie, a estimé vendredi le président d'honneur de la Ligue tunisienne de la défense des droits de l'homme (Ltdh) l'avocat Mokhtar Trifi.[...]

Tennis : les Africains de Roland Garros

Le tennis n’est assurément pas le sport le plus pratiqué d’Afrique. Les joueurs du continent sont donc peu nombreux à participer, à partir de dimanche 27 mai, à la grand messe du[...]

France-Afrique : la révolution tunisienne a laissé des traces

Zyed Krichen est le directeur de la rédaction du quotidien tunisien "Le Maghreb".[...]

Droits de l'homme en Afrique : progrès incertains au Nord, attentes pour le Sud

Amnesty International a rendu public, jeudi 24 mai, son rapport annuel sur l’état des droits de l’homme dans le monde. En ce qui concerne le continent africain, l’année 2011 a été[...]

Tunisie : des fournisseurs dans la tourmente

Pilier de l'industrie automobile de Tunisie, le secteur du câblage a été secoué par la montée des revendications sociales. Crise mondiale oblige, il risque en outre de réduire la voilure[...]

Tunisie : la peine de mort requise contre Ben Ali, jugé par contumace

Le procureur du tribunal militaitre du Kef a requis la peine de mort, mercredi 23 mai, contre le dictateur tunisien déchu Zine el-Abidine Ben Ali, jugé par contumace. Une décision qui ne fait pas[...]

Tunisie : la société civile se montre

Dans un contexte politique aussi complexe que confus et un environnement socioéconomique encore instable, la société civile tunisienne émerge, prend des initiatives et montre qu'elle est capable de[...]

Libye : la Tunisie va extrader l'ancien Premier ministre de Kaddafi, Baghdadi Mahmoudi, vers Tripoli

Le président tunisien, Moncef Marzouki, a donné son accord pour extrader dans les "jours ou semaines" à venir l'ancien Premier ministre libyen de Mouammar Kaddafi, Baghdadi Mahmoudi, vers la Libye.[...]

La Berd se dote d'un fonds spécial pour encourager les démocraties arabes

La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), créée en 1991 pour aider les ex-pays communistes à réformer leur économie, s'est dotée samedi d'un[...]

Tunisie : des mosquées appellent les jeunes à aller combattre en Syrie

Certaines mosquées tunisiennes aux mains d'islamistes radicaux appellent les jeunes à "aller au djihad" en Syrie contre le régime de Bachar al-Assad, a reconnu vendredi un responsable du[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers