Extension Factory Builder
03/02/2012 à 18:07
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Dans les pays du Sahel, les prix des céréales ont flambé en 2012. Dans les pays du Sahel, les prix des céréales ont flambé en 2012. © AFP

Une catastrophe alimentaire menace le Sahel. Les Nations Unies ont appelé jeudi la communauté internationale à se mobilier de toute urgence afin d’éviter une crise de alimentaire de grande ampleur. En cause, la sécheresse, de mauvaises récoltes et l'augmentation des prix des produits alimentaires notamment au Tchad, au Mali, en Mauritanie ou encore au Niger. Une situation alarmante qui vient s’ajouter à celle de l’Afrique de l’Est.

L’Afrique pourrait devoir faire face à une nouvelle crise humanitaire de grande ampleur. « Nous ne devons pas attendre que les gens soient affamés pour agir », a déclaré jeudi Olivier De Schutter, rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à l'alimentation, lors d’une visite au Ghana. Selon les Nations Unies, le Sahel est menacée par la sécheresse, les mauvaises récoltes et l’augmentation du prix des matières premières.

Au Niger notamment, le prix du millet était 37% plus élevé en novembre 2011 qu'un an auparavant, et les prix d'autres céréales sont de 40% plus élevés que les prix moyens relevés sur cinq ans.

Or, selon Olivier De Schutter, « la saison (de la sécheresse) surviendra plus tôt et durera plus longtemps que d'habitude, [ce] qui rendra le Sahel dépendant d'une manière dramatique des importations de produits alimentaires, qui devront être achetés à des prix astronomiques sur les marchés internationaux. »

Des millions de personnes concernées

Six millions de personnes au Niger, 2,9 millions au Mali, et 700 000 en Mauritanie seraient d’ores et déjà affectées par un début de crise alimentaire et l’Union Européenne a annoncé vouloire doubler son aide aux pays du Sahel, en y consacrant 105 millions d'euros contre 45 millions l'année dernière.

Famine : la définition de l’ONU

Pour être qualifiée de famine, une crise alimentaire doit répondre à plusieurs critères, selon l’ONU :

-    un taux de mortalité supérieur à deux personnes par jour pour 10 000 individus

-    une malnutrition aigüe touchant plus de 30% de la population

-    moins de 2100 kcal disponibles par jour et par personne, - moins de 4 litres d'eau par jour et par personne

-    une perte effective totale de tout moyen d'existence

-    20% de la population d'une même région doivt être concernée.

Cette crise vient s’ajouter à celle qui continue de frapper la Corne de l’Afrique. En effet, même si l’ONU a annoncé que la famine proprement dite (voir encadré) était terminée, la situation reste préoccupante. Jose Graziano da Silva, le nouveau directeur général de l'organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a ainsi précisé qu’il subsistait toujours « en Somalie, 2,34 millions de personnes touchées par la crise». Et de conclure : « Si nous ne continuons pas à aider ces gens (...) ils ne vont pas survivre et la famine reviendra ».

Un appel de plus à la communauté internationale dont « la culture de l’attentisme » a été vivement critiquée par les ONG Oxfam et Save the Children dans un rapport commun publié le 18 janvier. Ces organismes estiment qu’une réaction plus rapide auraient permis de sauver des dizaines de milliers de personnes. La question du temps et de la volonté se pose donc une nouvelle fois au Sahel, et à l’Afrique en général : selon la FAO, sur les 33 pays devant bénéficier d’une aide alimentaire dans le monde, 24 sont sur le continent.

 

Source : FAO

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Afrique Subsaharienne

Togo : les trois réformes que l'opposition réclame à cor et à cris

Togo : les trois réformes que l'opposition réclame à cor et à cris

À quelques mois de l'élection présidentielle de 2015, pouvoir et opposition se déchirent sur la question des réformes institutionnelles et constitutionnelles. Les modifications réclam&ea[...]

RDC : les premiers combattants FDLR désarmés sont arrivés à Kisangani

Après plusieurs mois de tergiversations, les premiers combattants FDLR ayant déposé les armes sont arrivés jeudi à Kisangani. Au total,  217 personnes, ex-combattants, leurs femmes et[...]

La Francophonie, un idéal voué à l'échec en cours

Magaye Gaye est directeur général du cabinet de recherche de financement GMCCONSEILS (Dakar, Sénégal). Au moment où le Sénégal  s’apprête à accueillir le[...]

Burkina Faso : le général Gilbert Diendéré démis de ses fonctions

Le président de la transition, Michel Kafando, a mis fin jeudi par décret aux fonctions de chef d’État-major particulier à la présidence du Faso du général Gilbert[...]

Exclusif - Centrafrique : libération au Cameroun du chef rebelle Abdoulaye Miskine

Les rebelles du Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) ont finalement obtenu la libération de leur chef, Abdoulaye Miskine, en échange de celle, effectuée la veille, du prêtre[...]

Pour les 70 ans du massacre de Thiaroye, le Cran intente deux actions contre l'État français

Une association française, le Conseil représentatif des associations noires (Cran), a annoncé jeudi avoir intenté deux actions en justice contre l'État français. Elle souhaite notamment[...]

Togo : l'opposition appelle à de nouvelles manifestations

L'opposition togolaise a appelé jeudi à un rassemblement "massif" et réclamé une réforme de la Constitution qui n'empêche pas en l'état le président Faure[...]

Burkina Faso : il faut "transformer l'essai"

Les Français disent souvent "que d'un mal peut naître un bien", tandis que chez les musulmans, on aime à se répéter le célèbre "il vous arrivera de mal[...]

Francophonie - Sénégal : retour à la case Dakar

Un quart de siècle après avoir été l'hôte du 3e sommet de la Francophonie, la capitale sénégalaise s'apprête à accueillir sa quinzième édition.[...]

Burkina Faso : un certain malaise chez les amis de Blaise

Que vont devenir les anciens cadres du parti de Blaise Compaoré après la chute de leur mentor ? Les nouvelles forces politiques au pouvoir hésitent entre deux démarches.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces