03/02/2012 à 10h:56 Par Alexis Billebault
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Eric Gerets doit avoir le soutien de la presse marocaine pour continuer à travailler sereinement. Eric Gerets doit avoir le soutien de la presse marocaine pour continuer à travailler sereinement. © AFP

Éliminé dès le premier tour de la CAN, le Maroc n’a pas justifié son statut de favori. Mais si une partie de l’opinion publique et de la presse réclament le départ de Gerets, la plupart des Lions de l’Atlas veulent continuer à travailler avec lui. C’est du moins l’avis des anciens internationaux marocains Walid Regragui et Abdeslam Ouaddou.

La sélection marocaine était à peine éliminée de la CAN dès le premier tour que déjà, des manifestations exigeant le départ d’Eric Gerets étaient organisées, alors qu’une partie de la presse se déchaînait contre le technicien belge. Une poussée de fièvre qui n’a pas vraiment surpris l’ancien international Walid Regragui, finaliste de la CAN en 2004 face à la Tunisie (1-2). « Quand le contexte social est difficile, les frustrations s’expriment toujours de manière excessive », analyse-t-il.

Mais l’ex joueur de Toulouse, Santander (Espagne), Dijon et Grenoble souhaite voir Gerets poursuivre sa mission, entamée en novembre 2010. « Le virer serait une erreur. Il a su donner à la sélection une identité de jeu, il a apporté beaucoup de professionnalisme, et surtout, les joueurs l’apprécient et souhaitent qu’il reste ».

Popularité dans le vestiaire

Une popularité dans le vestiaire que confirme Abdeslam Ouaddou (Qatar SC), lui aussi finaliste de la CAN 2004. « Le soutien des joueurs, Gerets l’a. Mais il doit être aussi soutenu par la presse, très influente au Maroc, les supporteurs et la fédération. »

Waddou et Regragui militent tous deux pour le maintien de l’ancien entraîneur de Marseille. « Mais à certaines condition, explique le premier : que Gerets le souhaite, ce qu’il a dit après l’élimination, qu’il soit à 200 % concentré sur sa mission, et qu’il ne soit pas tenté de partir en cas d’offre alléchante venue de l’extérieur ».

Manque de compétition

Dans une interview à Jeune Afrique, Pape Diouf a souligné le problème du manque de compétition de certains joueurs sénégalais, eux aussi éliminés de la CAN dès le premier tour, tout en émettant le même constat pour le Maroc. « Il a raison », répond Regragui. Des cadres de l’équipe ont peu joué ces derniers mois, parce qu’ils étaient blessés (Kantari), parce que les championnats où ils évoluent se sont arrêtés en novembre (Boussoufa, El-Kaddouri), ou parce qu’ils jouent peu en club, comme Chamakh (Arsenal). Je pense que Gerets aurait dû dire aux joueurs en manque de temps de jeu d’essayer de se faire prêter en début de saison. »

Mais l’échec des Lions de l’Atlas, selon Regragui, n’est pas seulement celui de Gerets et de son équipe. « Il y a d’autres responsables. Le Maroc ne s’est plus qualifié pour une Coupe du Monde depuis 1998, il n’a pas brillé en Coupe d’Afrique depuis 2004. Les instances dirigeantes doivent améliorer des choses. Il faudrait peut-être que le championnat marocain redevienne un des meilleurs d’Afrique, et qu’il y ait une vraie politique de détection et de formation des jeunes… »

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