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02/02/2012 à 16:31
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La capitale malienne et ses environs connaissent une vague de violences anti-Touaregs et anti-Arabes. À l'origine des heurts, mercredi et jeudi, une longue marche des proches des militaires massacrés le 24 janvier à Aguelhok dans le Nord-Mali par les rebelles touaregs du MNLA.

Des violences anti-touaregs et anti-arabes ont commencé mercredi à Bamako, en représailles au massacre commis à Aguelhok (Nord-Mali) par la rébellion du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). Tout est parti d’une marche vers la présidence malienne organisée lundi par des femmes et des jeunes du camp militaire de Kati, à une quinzaine de kilomètres de Bamako. Arrivés mardi à l’entrée de Koulouba, les manifestants ont été accueillis par le ministre de la Défense, Natié Pleah, qui leur a donné l’assurance de les recevoir le lendemain.

Représailles

Mais cela n’a pas suffi à calmer les esprits. Mercredi matin, la pharmacie d’un Touareg originaire de Tombouctou a été saccagée à Kati. Sans l’intervention des gendarmes, les responsables de la pharmacie auraient été lynchés par une foule hystérique. Quelques mètres plus loin, c’est la maison l’ancienne ministre de l’Artisanat et du Tourisme, Zakiatou walet Halatine, une autre Touareg originaire de Tombouctou, qui a été prise d’assaut.

Toujours dans la matinée, des militaires se sont rendus au domicile d’Aboubacrine Assadek Ag Hamahady, professeur de mathématique à l’université de Bamako, pour l’emmener à l’aéroport. Ce dernier, lui aussi touareg originaire de Tombouctou, a déclaré qu’il avait été exfiltré du pays par l’armée car sa sécurité était menacée. Son nom figurerait sur une liste noire dressée par des proches de militaires morts dans le nord, lui a-t-on dit.

Appel au calme 

La situation est si tendue que le président Amadou Amani Touré (ATT) a été obligé de s’exprimer à la télévision dans la soirée de mercredi. « Je suis avec attention l’évolution de la situation. Je demande à ce que l’ensemble des Maliennes et des Maliens se tiennent la main. Ne confondez pas ceux qui ont attaqué certaines casernes militaires et localités au Nord (…) avec nos autres compatriotes touaregs, arabes, songhaï, peulh… (...) Ne confondez pas, je le répète, les paisibles citoyens avec des gens qui ont pris la lourde responsabilité de se mettre au ban de la communauté nationale pour des raisons qu’ils sont seuls à connaître », a-t-il déclaré.

Malgré l’appel au calme du président, la situation restait tendue jeudi à Bamako. Les marcheurs repris leur progression et ont brûlé des pneus sur l’avenue de l’Indépendance, devant l’Assemblée nationale et à la mairie du district de Bamako. En début d'après-midi, les manifestants se dirigeaient vers le palais présidentiel où  ils souhaitaient être entendus par ATT en personne.

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Baba Ahmed, à Bamako
 

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