Joseph Kabila (à g.), lors de son investiture pour un 2e mandat, le 20 décembre 2011 à Kinshasa.
© AFP
Le camp du chef de l’État congolais Joseph Kabila obtient 260 sièges sur 500 à l’Assemblée nationale, selon les résultats provisoires annoncés par la Ceni dans la nuit du mercredi 1er au 2 février. Le parti de l’opposant Étienne Tshisekedi en obtient 110, mais considère ce scrutin comme "nul".
Majorité absolue pour le camp du chef d’État congolais Joseph Kabila aux législatives du 28 novembre 2011. C’est ce que montrent les résultats qu’a annoncés la Commission électorale (Ceni) dans la nuit du mercredi 1er au 2 février. Sur les 500 sièges de l’Assemblée nationale, le camp présidentiel en obtiendrait autour de 260, tandis que 110 reviendraient à l’opposition.
Il s’agit pour le moment de résultats provisoires, puisque la Ceni a demandé l’annulation du scrutin pour sept circonscriptions (17 députés) sur 169, suite à des violences lors du vote. Le taux de participation n’a, par ailleurs, pas été indiqué par la Commission électorale.
Le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), du président Kabila, est en tête avec 62 sièges, contre 111 lors des législatives de 2006, tandis que l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) de l’opposant Étienne Tshisekedi - qui s'est autoproclamé président de la RDC - obtient 41 sièges, devenant ainsi la première force d’opposition.
"Position contraire"
Mais Étienne Tshisekedi n’accepte pas plus l’issue des législatives qu'il n'a accepté la victoire de Kabila à la présidentielle. Il a immédiatement considéré comme « nulles » ces élections, pour lesquelles 18 865 candidats s’étaient présentés. Les membres de son parti ne devraient donc pas siéger à l’Assemblée. Pour autant « s'il y a une position contraire, nous allons la donner », a déclaré Serge Mayamba, le secrétaire national de l’UDPS, élu à Kinshasa.
Dans la capitale, le parti de Tshisekedi obtient 5 sièges, tandis que celui de Kabila en récolte 4. Des partis alliés du PPRD ont également raflé des voix dans tout le pays. Une dizaine de ces factions politiques ont obtenu entre 10 et 30 sièges. Le PPPD, obtient notamment 29 élus.
50 femmes élues
Du côté de l’opposition, hormis l’UDPS, se détachent deux autres formations : le Mouvement de libération du Congo (MLC, 22 sièges), et l'Union pour la nation congolaise (UNC, 16 élus), créé en 2010 par l’opposant Vital Kamerhe, ancien proche de Kabila et ex-président de l'Assemblée nationale. Lors des législatives de 2006, le MLC était le principal mouvement d'opposition avec 64 députés.
Au total, une centaine de partis seront présents à l’Assemblée, avec un ou deux sièges chacun. Côté représentation féminine, seules cinquante femmes ont été élues, dont Jaynet Kabila, la soeur jumelle du chef de l'État, candidate « indépendante » dans la province du Katanga (sud-est). Le frère cadet du président, Zoé Kabila, a également été élu dans cette circonscription sous les couleurs du PPRD.
Les résultats des législatives ont été reportés à plusieurs reprises par la Ceni après la multiplication des critiques sur le processus de compilation et des contestations de candidats. Une évaluation du processus électoral sera faite fin février, a annoncé la commission. La Cour suprême proclamera les résultats définitifs d'ici deux mois après examen des recours.
(Avec AFP)

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