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02/02/2012 à 09:30
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Violences à l'issue d'un match de football, le 1er février 2012 à Port-Saïd, en Egypte. Violences à l'issue d'un match de football, le 1er février 2012 à Port-Saïd, en Egypte. © AFP

Selon un bilan provisoire, 74 personnes ont trouvé la mort dans des violences à l'issue d'un match de football entre deux équipes égyptiennes à Port-Saïd, mercredi 1er février. Les frères musulmans accusent les partisans du président déchu Hosni Moubarak d’être à l’origine des affrontements.

74 morts. C’est le lourd bilan provoqué par des affrontements suite à un match de football en Égypte mercredi 1er février au soir. « La majorité des personnes tuées ont été écrasées » dans les mouvements de foule, a précisé le ministre de l'Intérieur Mohammed Ibrahim dans un communiqué. De fait, ce bilan, encore provisoire, fait de ce match entre deux équipes égyptiennes à Port-Saïd (dans le nord du pays), l’un des plus meurtriers de l’histoire du football.

Les heurts se sont produits à la fin de la rencontre, alors que l’arbitre donnait le coup de sifflet final au match remporté par l’équipe Al-Masry (de la ville de Port-Saïd) contre le club Al-Ahly (du Caire). Le second, considéré comme l’un des meilleurs clubs d’Égypte, s’est ainsi vu infligé sa première défaite de la saison, avec un score de 3 à 1, lors de cette 17e journée du championnat national.

Des centaines de supporteurs d’Al-Masry ont alors envahi le terrain et commencé à lancer des pierres et des bouteilles contre ceux de l’équipe adverse, déclenchant les violences. « Il y a des morts sur le sol ! Il y a des morts dans les vestiaires ! Je ne jouerai plus au football tant que justice ne sera pas faite », s'est insurgé Emad Meteab, un joueur de Al-Ahly, sur la chaîne de télévision de l'équipe.

"Jour sombre"

À la télévision égyptienne, on pouvait voir des images de chaos dans le stade, des supporteurs courant dans toutes les directions, tandis que des photos de joueurs couverts de sang circulaient sur la Toile. Sepp Blatter, le président de la Fédération internationale de football (Fifa), s’est dit « très choqué », évoquant ce 1er février 2012 comme un « jour sombre ».

« Le bilan s'élève à 74 morts, dont un policier », a indiqué le ministère de la Santé dans un communiqué. Quant aux blessés, ils sont au nombre de 248, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, infirmant les déclarations des chaînes télévisées qui les estimaient à un millier. Le maréchal Hussein Tantaoui, chef du Conseil suprême des forces armées, au pouvoir depuis la chute en février 2011 de Hosni Moubarak, a envoyé deux avions militaires à Port-Saïd pour évacuer les joueurs et les blessés.Par ailleurs, 47 personnes ont  été arrêtées, selon les déclarations de la police.

La télévision d'État a donc annoncé le déploiement de l'armée dans cette ville à l'entrée nord du canal de Suez pour « éviter de nouveaux affrontements » entre supporteurs.

Une vidéo de la fin du match et du début des violences :

"Message" des pro-Moubarak

Pour le moment, reste à faire la lumière sur les conditions de ces affrontements. Selon les services de sécurité, les policiers anti-émeutes étaient présents en nombre suffisant au match, mais ceux-ci n’auraient pas voulu s'interposer en raison de consignes de modération diffusées après des manifestations meurtrières au Caire en novembre et décembre derniers. Mais pour les Frères musulmans, grands vainqueurs des élections législatives, l’explication de ces émeutes est simple : les partisans du président déchu Hosni Moubarak sont seuls responsables de ces violences, ont-ils avancé. « Les événements de Port-Saïd ont été planifiés et sont un message des partisans de l'ancien régime », a affirmé le député Essam al-Erian, membre du parti politique de la confrérie.

La sécurité de l’Égypte « est bonne », a déclaré pour sa part le maréchal Tantaoui. Mais le député libéral Amr Hamzawi a tout de suite appelé au limogeage immédiat du ministre de l'Intérieur, ainsi que du gouverneur et du chef de la sécurité de Port-Saïd.

Mercredi soir, un incendie s'est également déclaré au stade du Caire lors du match de football opposant Al-Zamalek au club Ismaïly. La rencontre a été annulée et l'incendie maîtrisé, a indiqué un responsable de la sécurité. Des heurts s'étaient déjà produits le 6 septembre dans un stade du Caire entre la police et des partisans de Al-Ahly qui lançaient des slogans hostiles à l'ex-président Moubarak. Près de 80 personnes avaient été blessées.

Le gouvernement tiendra une réunion de crise jeudi 2 février, tandis que le président du Parlement, Saad al-Katatni, un membre des Frères musulmans, a indiqué que l'Assemblée du peuple tiendrait une session extraordinaire jeudi.

(Avec AFP)

Une autre vidéo des affrontements entre supporteurs :
 

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