Un soldat de l'armée malienne en route vers Léré, à l'ouest du Mali, le 28 janvier.
© Kambou Sia/AFP
Une semaine avant la reprise de la rébellion touarègue, le 17 janvier dernier, le Mali tentait encore de négocier avec le MNLA et son allié Iyad Ag Ghaly, leader du groupe salafiste Anssar dine. Jeune Afrique s’est procuré en exclusivité le document contenant les propositions de Koulouba lors de ces discussions.
Du 7 au 10 janvier, Mohamed Ag Erlaf, l’émissaire du président malien Amadou Toumani Touré (ATT) pour la crise au nord, s’est réuni avec des représentants du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), d’Iyad Ag Ghaly du groupe Anssar dine, ainsi que d’autre notables de Kidal à Abeibara. Objectif : soumettre les propositions de Koulouba aux rebelles potentiels pour éviter la guerre.
Dans ce document dont Jeune Afrique s’est procuré une copie, Bamako proposait « à hauteur de compétence (grade, ancienneté, diplômés) de tous les éléments des différentes bases qui le souhaitent » leur intégration « dans les unités de sécurité mixtes (armée, garde nationale, gendarmerie et police). Ces unités occuperont, en priorité, les sites du PSPSDN [le Programme spécial pour la paix, la sécurité et le développement au Nord-Mali lancé par ATT en août 2011, NDLR] en construction. » Le même traitement était proposé aux « hommes et officiers de troupe venant de la Libye ».
Commandement spécial basé à Kidal
Un commandement opérationnel spécial devait être basé à Kidal pendant cinq ans « pour établir l’ordre et la sécurité publique et le parachèvement et application à la lettre des accords d’Alger du 04 juillet 2006 ». Koulouba proposait également à Iyad Ag Ghaly et aux salafistes qui le soutiennent un cadi (spécialiste en droit musulman) par cercle [collectivité territoriale intermédiaire, NDLR] et un imam par grande mosquée, qui devaient être nommés par le conseil consultatif des oulémas et rémunérés par une assemblée régionale bénéficiant d’une autonomie de gestion.
Le Mali proposait aussi au MNLA « la création du cercle d’Intadjedite et de Tinassako », deux localités de la tribu Ifoghas de feu Ibrahim Ag Bahanga, très présente dans la rébellion, ainsi que la nomination d’un « conseiller spécial auprès du président de la république du Mali avec un rang de ministre ».
Enfin, dernière proposition d’ordre économique celle-là : le développement de l’exploitation de la réserve d’eau du Temesna (vaste zone désertique dont le sous-sol est constitué par une grande nappe phréatique, entre Ménaka et Tinzawaten). Dans le rapport officiel des discussions, les deux parties restaient ouvertes au dialogue. Mais une semaine plus tard, les premiers affrontements éclataient.
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Par Baba Ahmed, à Bamako

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