Un rapport de l'Onu apporte des preuves tangibles concernant les liens entre la secte islamiste nigériane Boko Haram et Aqmi.
Le Conseil de sécurité des Nations unies confirme les liens entre Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et la secte islamiste Boko Haram, traditionnellement implantée dans le nord du Nigeria et responsable d'une série d'attentats meurtriers ces derniers mois.
Dans un rapport dont Jeune Afrique s'est procuré copie et qui a été discuté, le 29 janvier, en marge du 18e sommet de l'Union africaine (UA) à Addis-Abeba (Éthiopie), l'ONU s'inquiète de la menace que Boko Haram fait peser sur le Sahel. « Certains de ses membres [originaires] du Nigeria et du Tchad ont été formés dans les camp d'Aqmi au Mali pendant l'été 2011 », affirment les experts de l'ONU.
Arrestations au Niger
Sept éléments de Boko Haram ont également été arrêtés au Niger alors qu'ils se rendaient au Mali, « en possession de documents sur la fabrication d'explosifs, de tracts de propagande ainsi que de noms et de coordonnées de membres d'Aqmi qu'ils projetaient de rencontrer ». Preuve, pour les Nations Unies, que Boko Haram ne peut plus être considéré comme une menace exclusivement interne au Nigeria.
Le 24 janvier, l'UA avait déjà affirmé qu'elle redoutait que la secte étende ses activités vers les pays voisins. Francisco Caetano José Madeira, chargé de la lutte contre le terrorisme au sein de l'organisation, avait notamment dit craindre qu'elle « pénètre dans la région d’Afrique centrale ».
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Par Anne Kappès-Grangé, envoyée spéciale à Addis Abeba
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