Extension Factory Builder
24/01/2012 à 15:43
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Une étudiante quitte l'université des lettres de la Manouba, le 24 janvier 2012 à Tunis. Une étudiante quitte l'université des lettres de la Manouba, le 24 janvier 2012 à Tunis. © Fethi Belaid/AFP

La faculté de Lettres de la Manouba a été le théâtre d’incidents violents à l’occasion de la première journée des examens semestriels, mardi 24 janvier 2012. Des tensions provoquées une nouvelle fois par des salafistes qui remettent en cause l’interdiction du port du voile islamique intégral à l’université.

Sous la pression d'étudiants et de radicaux salafistes qui réclament l'autorisation du port du niqab dans les salles de cours en Tunisie, la faculté des Lettres de la Manouba, un établissement située à 25 km à l'ouest de Tunis, a une nouvelle fois été perturbée, mardi 24 janvier.

Des étudiants ont tenté de forcer les portes et d'escalader les grilles de l’établissement pourtant déclaré « centre d'examens fermé » à l'occasion du début des évaluations semestrielles. La présence d’une quinzaine de gardiens universitaires, appuyés par des professeurs portant un brassage rouge, n'a pas suffi à dissuader les salafistes.

À l‘occasion de cette session d’examen, des jeunes filles en niqab devaient signer un engagement selon lequel elles découvriraient leur visage une fois arrivées dans la salle d'examen, faute de quoi l'entrée leur était refusée. L'incident s'est produit à l'intérieur du campus (interdit à la presse) à la suite de l'expulsion d'une étudiante qui refusait d'ôter son niqab, ont rapporté des témoins.

"Profs molestés et insultés"

« Une cinquantaine de salafistes ont alors cassé la porte et brisé les vitres du département d'arabe, des profs ont été molestés et insultés », a témoigné Iqbal Laouini, une étudiante. « Le gouvernement Jebali nous laisse face à la terreur et à la violence, les enseignants sont les seuls à faire le sale boulot », s'est indignée de son côté une enseignante, Fadila Laouini.

Des dizaines de manifestants, en majorité non étudiants, selon la direction de la faculté, organisent depuis le 28 novembre un sit-in permanent dans l'enceinte des bâtiments et perturbent le déroulement des cours, ce qui avait entraîné la fermeture administrative de l'établissement. Début janvier, un accord avait été trouvé pour sa réouverture et l'organisation des examens, mais les manifestants sont restés sur place.

(Avec AFP)


 

Un étudiant enjambe l'entrée de l'Université de Manouba, à Tunis, le 24 janvier 2012

© Fethi Belaid/AFP

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

1 réaction(s)

1.
guy - 25/01/2012 à 08h:01

leur révolution n´aura donc servi qu´a cela?[...] Lire

Toutes les dépèches

Réagir à cet article

Tunisie

Armée tunisienne : la grande désillusion

Armée tunisienne : la grande désillusion

Incapable de venir à bout des maquis jihadistes, minée par des querelles au sommet, gangrenée par la politique, la grande muette a beaucoup perdu de sa superbe. Enquête exclusive sur une institut[...]

Barack Obama à Béji Caïd Essebsi : "Les États-Unis croient en la Tunisie"

À l'ocassion de la réception de Béji Caïd Essebsi à la Maison blanche jeudi, le président amréicain Barack Obama a annoncé son intention d'accorder à la Tunisie le[...]

Attentat du Bardo en Tunisie : doutes sur l'implication du suspect marocain arrêté en Italie

Un nouveau suspect a été appréhendé mercredi à Gaggiano, en Italie, dans le cadre de l'affaire de l’attentat du Bardo. Mais les premiers éléments laissent à penser[...]

Tunisie : contre la contrebande, l'électronique !

Habib Essid, le Premier ministre tunisien, et Slim Chaker, son ministre des Finances, ont donné carte blanche à Adel Ben Hassine, le directeur général des douanes fraîchement nommé,[...]

Les femmes africaines peinent à percer le plafond de verre

Éducation, travail, indépendance... Malgré de timides avancées, le statut des femmes n'a que peu progressé en Afrique, selon les participantes du 5e forum social d’Essaouira, au Maroc, du[...]

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi reçu par Barack Obama à la Maison blanche

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi sera reçu jeudi à Washington par son homologue américain Barack Obama. Cette deuxième rencontre entre les deux hommes à la Maison[...]

Comment Samir Tarhouni, l'ancien chef de la BAT, a empêché les Trabelsi de quitter la Tunisie en 2011

Samir Tarhouni, l'ancien patron de la brigade antiterrorisme (BAT) a été l'un des principaux protagonistes du départ de Ben Ali. Retour sur un épisode clé de l'histoire tunisienne[...]

Tunisie : voyage au coeur de la BAT, la brigade antiterrorisme

Devenue un symbole national depuis l'arrestation des Trabelsi, en 2011, la brigade antiterrorisme nous ouvre pour la première fois ses portes.[...]

Attentat du Bardo en Tunisie : un suspect marocain arrêté en Italie

Un suspect marocain a été appréhendé mercredi dans le nord de l'Italie, pour complicité présumée dans l'attentat du Bardo. Le résultat d'une coopération avancée[...]

Libye : 172 Tunisiens pris en otages par une milice islamiste du groupe Fajr Libya

Les autorités tunisiennes ont annoncé lundi l’existence de négociations en vue de la libération de 172 ressortissants détenus en Libye par un groupe de la coalition de milices islamistes[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers