20/01/2012 à 12h:20 Par Leïla Slimani
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Rien ne va plus entre Abd Al Malik (à g.) et Hatem Ben Arfa. Rien ne va plus entre Abd Al Malik (à g.) et Hatem Ben Arfa. © DENIS CHARLET/AFP et LOUAFI LARBI/REUTERS

Rien ne va plus entre le rappeur Abd Al Malik et le footballeur Hatem Ben Arfa, qui se retrouveront bientôt sur les bancs d'un tribunal. Les raisons de la discorde entre les ex-amis ? Une interview accordée au quotidien sportif français "L'équipe", dans laquelle le footballeur accuse l'artiste et son agent d'avoir tenté de l'endoctriner au sein d'un groupe soufi au Maroc.

Il est loin le temps où, à l’occasion d’un portrait croisé, le slameur Abd Al Malik et le footballeur Hatem Ben Arfa se tressaient des lauriers. « C’est un grand sportif, quelqu’un de respectueux », disait le chanteur. « Spirituellement c’est un exemple, quelqu’un de profond, qui donne de l’émotion aux gens », ajoutait tout sourire le sportif.

"Mon ego m'a sauvé"

Mais depuis quelques jours, le ton est devenu beaucoup moins cordial, pour ne pas dire carrément procédurier entre les deux hommes. Abd Al Malik a décidé d’attaquer en diffamation le footballeur après que celui-ci l’a accusé d’avoir voulu l’enrôler dans une secte. Dans un entretien accordé à L'équipe et paru le 16 janvier, le milieu de terrain de Newcastle affirme qu’en 2007, le chanteur Abd Al Malik et son agent Fabien Coste ont cherché à l’endoctriner, alors même qu’il était fragilisé psychologiquement et donc vulnérable. « C’était un système comme dans une secte, avec un cheikh. C’était au Maroc, à Oujda. Quand je suis entré dans la salle de prières, ce maître, il fallait que je lui baise les pieds. C’était obligatoire. Mon ego m’a sauvé, je ne pouvais pas accepter ça » affirme Ben Arfa. La morgue bien connue de l’enfant terrible du football français lui aura au moins été d’une certaine utilité…

"Le soufisme prône le respect de l’autre"

De son côté, Abd Al malik se défend avec vigueur. Il s’étonne tout d’abord que Ben Arfa ait attendu 4 ans pour lancer cette bombe à son encontre. Le chanteur affirme ne pas avoir revu le footballeur depuis ce fameux voyage. Il récuse ensuite avec passion le terme de « secte ». Disciple de la Tariqa Boutchichiya, une confrérie soufiste dont il fréquente la zawiya près d'Oujda une dizaine de fois par an et  dont il est l’un des grands ambassadeurs à l’international, le slameur  n’accepte pas la version des faits de Ben Arfa. « Dire des choses comme ça d’un revers de main qui concernent une spiritualité qui touche des millions d’individus, de parler sans connaître la tradition spirituelle de l’islam, c’est gravissime. Le soufisme prône le respect de l’autre, la notion de l’amour. On est dans un pays de droit. Quand on parle de secte et d’endoctrinement, c’est gravissime. Embrasser les pieds, c’est un mensonge pur et simple » a-t-il affirmé au micro de RTL. La suite devant les tribunaux…

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

International

Tennis : les Africains de Roland Garros

Tennis : les Africains de Roland Garros

Le tennis n’est assurément pas le sport le plus pratiqué d’Afrique. Les joueurs du continent sont donc peu nombreux à participer, à partir de dimanche 27 mai, à la grand messe du te[...]

France : François Hollande et la francophonie

«François Hollande a compris que l'Organisation internationale de la francophonie [OIF] était un cadre intéressant pour faire avancer la démocratie en Afrique, sans trop mettre la France en[...]

Cinéma - Yousry Nasrallah : "Je ne me suis jamais senti aussi libre"

Le cinéaste égyptien Yousry Nasrallah, en compétition pour la Palme d'or, est arrivé à Cannes sans ses affaires, mais avec un film éminemment politique sur la révolution, dont les[...]

Namibie : le génocide oublié

Au tout début du XXe siècle, en Namibie, les colons allemands entreprirent d'exterminer systématiquement les peuples herero et nama. Dans un documentaire poignant, la réalisatrice Anne Poiret[...]

Syrie : petits arrangements entre parias

Comment l'Iran aide-t-il la Syrie à exporter son pétrole, en dépit des sanctions internationales ciblant les deux pays ?[...]

France : Hollande et les Arabes

Gilles Kepel est politologue français, spécialiste de l'islam et du monde arabe[...]

Festival de Cannes : Dieudonné, "L'Antisémite" indésirable

Dieudonné n’aura pas les primeurs du festival de Cannes. Le marché du film du Festival de Cannes a obtenu, jeudi 24 mai, l’annulation de la projection de son premier long-métrage, intitulé[...]

France-Afrique : la révolution tunisienne a laissé des traces

Zyed Krichen est le directeur de la rédaction du quotidien tunisien "Le Maghreb".[...]

État-Unis - Sénégal : les éloges de Carson à... Wade

Barack Obama avait promis en 2008 de soutenir la démocratie partout en Afrique. Abdoulaye Wade ayant accepté le verdict des urnes, Johnnie Carson chargé des affaires africaines au côté d'Hillary[...]

France - Maroc : le roi Mohammed VI reçu à l'Élysée par François Hollande

En visite privée en France, le souverain marocain Mohammed VI a été reçu à l’Élysée, jeudi 24 mai, dans l’après-midi. Il est le premier chef d’État[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers