18/01/2012 à 16h:52 Par Jean-Michel Meyer
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Andrew Burns, le responsable du groupe des perspectives de développement de la Banque mondiale. Andrew Burns, le responsable du groupe des perspectives de développement de la Banque mondiale. © Capture d'écran de la BBC

La Banque mondiale vient de revoir à la baisse (2,5%) la perspective de croissance de l'économie mondiale en 2012. Dans ce contexte difficile, l'Afrique subsaharienne résiste, tandis que l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient sont encore affectés par les effets du Printemps arabe.

Il n'y aura pas de miracle en 2012 ni peut être même en 2013. La Banque mondiale (BM) ne laisse guère planer de doute sur une éventuelle embellie de l'économie mondiale dans son rapport 2012 intitulé Les perspectives économiques mondiales : incertitudes et vulnérabilités, qu'elle a publié le 18 janvier 2012 à Paris.

« Nous avons revus à la baisse nos dernières précisions d'août dernier », explique d'entrée Andrew Burns, le responsable du groupe des perspectives de développement de la Banque mondiale. « En janvier 2012, le monde se trouve dans une situation correspondant aux scénarios pessimistes envisagés il y a seulement six mois. »
En 2012, la croissance de l'économie mondiale se situera à 2,5% contre une prévision de départ de 3,1%. Et de 3,4% en 2013 (contre 3,6% prévu initialement). L’estimation

de croissance des pays avancés a été ramenée à 1,4% en 2012 et à 2% en 2013 et celle des pays en développement à 5,4% cette année et 6% l'an prochain.

Une chute de croissance comme en 2008 ?

« L'Afrique subsaharienne sera la seule région du monde à accélérer sa croissance en 2012 avec un PIB en hausse de 5,3% contre 4,9% en 2011 », souligne Andrew Burns. Quant à l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient, la croissance devrait rester modérée en 2012 (2,3%) avant de remonter en 2013 (3,2%), après un petit 1,7% l'an passé.

« La région pourrait encore connaître une année de grandes difficultés, c'est une hypothèse. Mais à moyen et long terme, la croissance reviendra et se renforcera dans ces pays », assure-t-il.

--> Lire aussi : "Si la crise s'intensifie, personne ne sera épargné"

Reste la grande inconnue : si la crise s'amplifie au fil de l'année ? « Personne ne sera épargné, redoute l'économiste de la BM. Les taux de croissance des pays développés comme ceux des pays en développement pourraient connaître une chute égale voire même supérieure à celle de 2008 et de 2009. On ne saurait trop insister sur l'importance de disposer de plans d'urgence dans ces circonstances et de conseiller aux pays de réaliser des stress tests pour juger de leurs vulnérabilités », avertit Andrew Burns.

Car la crise européenne s'étend. « Depuis août 2011, on assiste à un effet de contagion aux pays émergents de la crise qui secoue l'Europe », reconnaît l'économiste de la BM. « Cette situation est compliquée par un ralentissement endogène des principales économies émergentes, comme le Brésil, l'Inde ou la Chine, qui voient leur croissance baisser sous l'effet des politiques anti-inflationnistes qu'ils ont adopté. »

Preuves de contagion

Éléments tangibles de cette contagion : au second semestre 2011, les flux de capitaux vers les pays en développement ont plongé de 45%, à 170 milliards de dollars contre 309 milliards durant la même période en 2010. Et les émissions obligataires ont été divisées par deux dans ces pays, alors que les émissions d'actions ont plongé de 80%, à 25 milliards de dollars, affectant surtout la Chine et le Brésil.

La rareté des capitaux en circulation à l'échelle mondiale, la chute des cours des matières premières et du pétrole (de – 20% à – 40% ?) et la baisse des transferts des migrants (- 6,3% au plan mondial ?) pourraient accroître les effets de la crise dans les pays en développement.

Ce qui n'est pas rassurant car la marge de manœuvre des pays s'est réduite depuis 2008. Les taux appliqués aux pays en développement pour financer leur dette souveraine sont en hausse depuis août 2011, sous l'effet d'une perte de confiance généralisée. Inquiétant. Surtout que « la dette a court et long terme de nombreux pays en développement a augmenté, ils pourraient rencontrer des difficultés à la financer si l'économie mondiale se resserre », craint Andrew Burns.

Bonne nouvelle

À la différence de 2008, les pays en développement ont beaucoup moins de moyens financiers pour résister à la crise et lancer des plans contre-cycliques. « 44% des pays en développement affichent un déficit public supérieur ou égal à 5% du PIB en 2012 », note le rapport de la BM.

Seule bonne nouvelle dans ce climat tendu, le continent fait mieux que résister : « l'Afrique subsaharienne est l'un des moteurs de la croissance mondiale, même s'il reste encore un petit moteur. Mais c'était aussi le cas de la Chine il y a 20 ans. Espérons que l'Afrique nous réserve la même histoire », note Andrew Burns.

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Lire ici le rapport de la Banque mondiale dans son intégralité

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